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Archives Mensuelles: août 2017

Sarah Turoche-Dromery – I Invade You

Sarah Turoche-Dromery – I Invade You

Lors du Salon du Livre Jeunesse 2017 de Rueil-Malmaison, j’ai eu l’occasion de découvrir Sarah Turoche-Dromery. Après avoir discuté quelques instants avec elle, je me suis laissé tenter par son dernier roman I invade you.

Je sentais chez cette auteure de la justesse, de la gentillesse, une finesse d’esprit qui devait transpirer dans ses romans. Mais n’oublions pas que ce roman est le fruit du travail de quatre mains, puisque Nils Kuhn-Barrellon est co-auteur de ce roman jeunesse.

Alors allons-nous nous laisser envahir dans son univers du street art ?

Résumé du livre

Les Space-Invaders colonisent les murs de Paris pour qui sait lever la tête. Des corps sont retrouvés au pied des mosaïques. Jalousie, vengeance, cupidité, quels sont les mobiles de ces meurtres ? Une balade urbaine et une occasion de découvrir un Paris insolite.

Avis

I invade you est une bonne découverte, ou plus exactement une bonne découverte du roman policier. Car ce roman étant destiné en priorité aux jeunes lecteurs, ce roman est une très bonne entrée dans ce genre littéraire. Si l’auteure a la bonne idée de ne pas mettre en scène de meurtres sanglants ou de détails morbides, comme dans le passage à la morgue, elle aborde tous les points de l’enquête avec la terminologie exacte. Elle fournit en fin de livre un petit lexique pour les jeunes lecteurs qui ne connaîtraient pas certains acronymes ou termes spécifiques de la police. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle ne se moque pas de son public, bien au contraire.

Les autres bons points de ce roman sont le parallélisme de deux histoires (l’enquête et l’histoire des adolescents), l’actualité du sujet (le vandalisme des œuvres de street art dans Paris), de la modernité avec un hacker-geek et une pointe de romance. L’écriture est parfaitement fluide qui nous fait voyager dans les rues parisiennes.

Enfin, si cela peut sembler secondaire mais c’est essentiellement elle qui nous décide de l’achat du roman, la couverture. Dans le cas du roman de Sarah Turoche-Dromery et Kuhn-Barrellon, je la trouve particulièrement réussie, en totale adéquation avec le roman, ce qui n’est pas une généralité dans le monde de l’édition. Si je le fais remarquer pour I invade you, c’est que la maison d’édition Thierry Magnier n’est pas particulièrement reconnue pour cette qualité, bien au contraire si l’on regarde les autres couvertures des romans de Sarah Turoche-Dromery.

Un beau roman inter-générationnel pour débuter avec l’univers des romans policiers.

Notation

Histoire
Ecriture
Durée de lecture
Prix

Caractéristiques :

  • Livre
    • Broché: 261 pages
    • Editeur : Thierry Magnier (6 mai 2017)
    • Langue : Français
    • ISBN-10: 1035200329
    • ISBN-13: 978-1035200329
    • Prix : 14,50€
  • eBook
    • Format : ePub
    • Editeur : Thierry Magnier (6 mai 2017)
    • Langue : Français
    • EAN : 979-1035200541
    • Prix : 8,99€
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2 Commentaires

Publié par le 2017/08/29 dans Jeunesse, Policier

 

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Jérôme Camut & Nathalie Hug : Islanova

Jérôme Camut & Nathalie Hug : Islanova

Ma collaboration au comité de lecture de mon libraire favori se poursuit le dernier roman de Jérôme Camut & Nathalie Hug : Islanova. Si celui-ci ne sortira que le 17 octobre 2017, je peux d’ores et déjà vous fournir une critique de ce livre.

Il faut savoir qu’il n’était pas facile de se le procurer car les éditions Fleuve Noire ont décidé cette année de faire une nouvelle formule dans les SP (Service Presse) : les SP qu’ils envoient ne contiennent qu’une partie du roman. Dans le cas d’Islanova, ce n’est que le premier des trois actes qui est fourni. Pour lire la suite, il faut alors en faire une demande et le livre vous sera livré en intégralité et en recommandé. D’après eux, ce serait pour avoir un retour sur le ressenti des libraires en pensant que seuls les livres plaisant aux libraires susciteraient des demandes. Je ne suis pas sûr que cela soit efficace car certains libraires ont tout simplement boycotté la lecture de ces SP pour ne pas perdre temps.

Alors est-ce qu’Islanova est aussi prenant et intelligent que la trilogie W3 ?

Résumé du livre

Rien n’avait préparé Julian Stark à une telle vision ce matin-là.
Alors qu’il rentre chez lui pour évacuer sa maison menacée par un incendie de forêt, il trouve Charlie, sa fille de seize ans, au lit avec son beau-fils Leny.
Certaine que son père va les séparer, Charlie persuade Leny de fuguer, direction le Sud-Ouest. Son idée : rallier la ZAD (zone à défendre) de l’Atlantique, située sur l’île d’Oléron. Là-bas, ils seront en sécurité le temps que Julian se calme. Là-bas, surtout, se trouve Vertigo, un homme charismatique dont elle écoute la voix sur les ondes depuis des mois. Vertigo, le leader de l’Armée du 12 Octobre, groupe d’écologistes radicaux.
Ce que la jeune fille ignore, c’est que la ZAD abrite des activistes prêts à tous les sacrifices pour défendre leur cause, et qu’en s’y réfugiant, elle précipite sa famille dans une tragédie qui les dépasse tous.

Voici venu le temps d’Islanova, un nouveau projet ambitieux, addictif, réponse romanesque de Jérôme Camut et Nathalie Hug aux contradictions de notre société.

Avis

Je dois avouer que c’est une critique de livre qui m’a posé beaucoup de problèmes. Après avoir lu Islanova, je ne savais qu’en penser. Est-ce un bon ou un très bon roman ?

Les éléments qui ont fait le succès du quatre-mains, Jérôme Camut et Nathalie Hug, sont toujours présents : des chapitres mêlant alternativement actions et progression de l’histoire ou définition de la psychologie des personnages, un écriture fluide qui rend ce thriller politique très agréable et pousse à la réflexion sur notre société de consommation. Avec un petit plaisir supplémentaire personnel :l’action du livre se déroule vers Royan et sur l’Ile d’Oléron, lieux de mes vacances. Je peux vous dire qu’à quelques détails

Alors pourquoi est-ce que j’hésite entre bon livre et très bon livre ?

J’ai découvert ces deux auteurs au travers de la trilogie W3 qui avait à la fois de grandes qualités narratives, policières, une intrigue parallèle poussée, des personnages travaillés et attachants. Dans Islanova, il y a certes de nombreux personnages mais je les trouve un peu moins fouillés, plus « standard », moins originaux; le fil de l’intrigue quoi que bonne, dynamique et avec de nombreux rebondissements qui tiennent le lecteur en haleine, reste cependant linéaire. Sans doute le fait de dérouler l’ensemble de l’histoire sur un seul volume, même de 800 pages, contrairement aux trois de W3, n’a pas permis aux auteurs de déployer la mécanique du succès de leur précédente trilogie.

Si ces quelques défauts restent mineurs par rapport à la qualité globale du livre, le plus gros défaut de ce livre qui en fait un bon livre et et non pas un très bon livre est le recours à une mise en scène très cinématographique, presque hollywoodienne dans le tiers final du livre : explosions, arrivée de la cavalerie au bon moment, révolte nationale. S’il devait y avoir une adaptation sur grand écran, certainement que Michael Bay se proposerait.

Alors, un bon roman, militant, captivant, même si les auteurs en font un peu trop par moment.

Notation

Histoire
Écriture
Durée de lecture
Prix

Caractéristiques :

  • Livre
    • Broché: 784 pages
    • Editeur : Fleuve éditions (12 octobre 2017)
    • Langue : Français
    • ISBN-10: 2265116408
    • ISBN-13: 978-2265116405
    • Prix : 22,90€

Site Internet des auteurs

Site Internet officiel de Jérôme Camut & Nathalie Hug

 
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Publié par le 2017/08/28 dans Thrillers

 

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Marc Voltenauer : Qui a tué Heidi ?

Marc Voltenauer : Qui a tué Heidi ?

Les lecteurs fidèles de ce blog savent qu’à la suite de ma chronique sur Le dragon du Mevran, son auteur, Marc Voltenauer, m’avait contacté pour me remercier.

Il est revenu ensuite pour me demander si cela m’intéresserait de lire le SP (Service Presse) du livre pour en faire la chronique dès le jour de sa sortie.

Autant vous dire que je n’ai pas réfléchi longtemps pour accepter.

Alors comment est ce second livre de Marc Voltenauer, Qui a tué Heidi ? ?

Résumé du livre

« Heidi gisait dans une mare de sang, la gorge tranchée… Soudain, depuis le sommet d’un nuage orageux, un sillon lumineux fendit le ciel et un éclair s’écrasa sur la crête du Grand Muveran. »

Un politicien abattu à l’Opéra de Berlin, un tueur à gages en mission à Gryon, des fantasmes meurtriers dans le secret d’une chambre… L’inspecteur Auer reprend du service. Il entraîne Mikaël, son compagnon, dans un voyage sans retour, au plus noir de l’âme humaine

Avis

Pour les chanceux qui ont eu la chance de lire et d’apprécier le premier roman de Marc Voltenauer, Le dragon du Murevan, le début de son second livre, Qui tué Heidi ?, peut être déstabilisant. En effet celui-ci s’ouvre sur le double meurtre commis à Berlin par un ancien agent secret russe reconverti en tueur à gage. On est bien aux antipodes d’une enquête dans la suisse verdoyante et reposante.

Une fois passée cette introduction quelque peu troublante, le lecteur retrouve les montagnes alpines suisses, le village de Gryon, ses habitants et ses vaches, mais aussi l’inspecteur Andreas plus épicurien que jamais. Marc Voltenauer sème encore plus le trouble chez son lecteur car sur le premier quart du livre, point de meurtre, point d’enquête, ce roman serait presque un guide touristique de la région de Bex ou un traité sur la défense du monde agricole et de ses traditions. Je plaisante bien sûr puisque cette première partie sert d’entrée en matière, à poser l’histoire, l’ambiance du village, les personnages, la configuration des lieux, autant d’éléments seront utiles à l’élucidation de l’enquête.

Mais que le lecteur profite de cette quiétude, prenne un verre de vin helvète injustement méconnu et un grand bol d’air pur pour vivifier ses neurones, car la paix du village va être rompue, les enquêtes s’accumuler et l’inspecteur Andreas être forcé de …. prendre des vacances pour ne pas être mis à pied. Je n’en dirai pas plus sur l’histoire pour ne pas vous gâcher le plaisir de la découvrir, de chercher par vous même à résoudre l’énigme posée par Marc Voltenauer, mais le lecteur, tout comme le héros principal, aura matière à réflexion. Saurez-vous déjouer les chausse-trappes, les fausses pistes dressées (avec un main plaisir) par l’auteur et découvrir qui est la personne qui se cache derrière « l’homme qui s’enivrait du parfum de sa mère » ?

Je me dois d’avertir les futurs lecteurs de Qui a tué Heidi ?. Si vous n’avez pas lu Le dragon du Murevan, je vous déconseille de découvrir les romans de Marc Voltenauer au travers de Qui a tué Heidi?. En effet, sans que Qui a tué Heidi ? soit la suite du dragon du Murevan, de nombreux rappels sont faits. Vous connaitriez la fin du Dragon du Murevan sans l’avoir lu et donc de ne pouvoir profiter du prolongement de ce roman en histoire secondaire dans Qui a tué Heidi ?.

En dehors de la couverture guère originale, j’ai totalement adhéré à ce roman policier « old-school » que l’on aime retrouver comme une madeleine de Proust. Il est toujours bon de retrouver un roman policier où il faut monopoliser ces petites cellules grises, où le récit n’est pas architecturé façon cinéma à grand coup de rebondissements alambiqués, effets de surprise ou effets gore. Avec une écriture plaisante et fluide, Marc Voltenauer s’inscrit dans la lignée des Agatha Christie ou P.D. James, en apportant un brin de modernité.

Un roman lire et un auteur à découvrir.

Notation

Histoire  
Ecriture
Durée de lecture
Prix

Caractéristiques :

  • Livre
    • Broché: 448 pages
    • Editeur : Slatkine et Cie (7 septembre 2017)
    • Langue : Français
    • ISBN-10: 2889440338
    • ISBN-13: 978-2889440337
    • Prix : 21,90€

Revue de presse :

« L’écrivain Marc Voltenauer confirme son talent d’auteur de polars à suspense avec Qui a tué Heidi?, son deuxième roman.« , La liberté

La revue Dufresne en vidéo : https://www.rtbf.be/auvio/detail_marc-voltenauer-qui-a-tue-heidi?id=2253824

Site Internet de l’auteur :

https://www.marcvoltenauer.com

 
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Publié par le 2017/08/27 dans Policier

 

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Au-revoir, là-haut! au cinéma le 25 octobre

Au-revoir, là-haut! au cinéma le 25 octobre

Décidément 2017 sera l’année des adaptations au cinéma de succès littéraire. Je vous avez parlé du Crime de l’Orient-Express et bien sûr de La tour sombre, je viens d’apprendre que le roman de Pierre Lemaitre goncourisé Au-revoir, là-haut! (voir notre critique ici) aura aussi son adaptation cinématographique.

C’est en fait le prochain film d’Albert Dupontel, avec Albert Dupontel, Laurent Lafitte, Nahuel Perez Biscayart, et sortira au cinéma le 25 octobre 2017.

Je vous propose la bande-annonce.

 

 

 
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Publié par le 2017/08/23 dans Evénements

 

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Concours pour gagner la nouvelle NoLim

Concours pour gagner la nouvelle NoLim

Grand #concours de l’été du 10 au 23/08 !

Franck Thilliez participe au lancement de la nouvelle liseuse Nolim !

Pour l’occasion, tentez de gagner 1 liseuse dédicacée ou 1 livre dédicacé.

Comment participer : aller sur FaceBook en suivant ce lien.
1. Dites nous en commentaire pour quel auteur vous jouez. Vous avez le choix entre :


2. Invitez deux amis en commentaire
3. Croisez les doigts !

Concours réservé à la France métropolitaine.

Bonne chance !

 
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Publié par le 2017/08/21 dans Concours

 

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Questions à Marc Voltenauer

Questions à Marc Voltenauer

En attendant la critique du nouveau roman de Marc Voltenauer (Qui a tué Heidi ?), celui-ci a eu la gentillesse de nous accorder un moment pour répondre à nos questions. Je dois avouer ne pas avoir espéré de réponses si complètes ce qui montre l’accessibilité et la gentillesse de l’auteur.


Après avoir fait des études de Théologie à l’Université de Genève, être Secrétaire général des Unions Chrétiennes de Genève puis avoir travaillé dans les ressources humaines d’une banque, vous écrivez votre premier roman. Quels en ont été les éléments déclencheurs qui vous ont permis de franchir ce cap ?

Un matin, je me suis mis à écrire. C’est aussi simple que cela.
Avec le temps et de nombreuses lectures de romans policiers, j’ai commencé à m’intéresser à la construction du récit et des intrigues. Je trouve fascinant le fait de concevoir de toute pièce une histoire et de la raconter. Créer le suspense. Maintenir l’intérêt du lecteur éveillé. Mais au-delà de mes devoirs d’école ou à l’université, je n’avais jamais rien écrit. Et je ne me sentais pas capable d’écrire. J’étais admiratif de tous ces auteurs que je lisais.
Écrire un roman policier a été un acte spontané et irréfléchi. Durant le voyage autour du monde que j’ai fait avec mon ami, j’ai eu le temps de lire et l’idée a germé en moi, jour après jour, sans vraiment que je m’en rende compte.
C’est donc au retour de notre voyage que tout s’est déclenché.
L’idée s’est tout naturellement imposée à moi. Gryon – tout comme Fjällbacka pour Camilla Läckberg – était le parfait décor d’un polar : l’atmosphère singulière d’un petit village pittoresque, le savoir-vivre montagnard, l’ambiance chaleureuse des chalets, les différents lieux publics, la vie villageoise, le découpage impressionnant des massifs alentour, les hivers rudes. Gryon, un petit village de montagne sans histoires avec un peu plus de mille habitants. Une ambiance de huis clos où l’inspecteur a tout le monde sous la main. Ou presque… Le village est isolé, mais pas non plus hermétique.
Juste avant Noël, en 2012, je me suis réveillé au milieu de la nuit et j’ai commencé à mettre sur papier les grandes lignes de l’intrigue du « Dragon du Muveran ».
Après quelques nuits, il me fallait commencer à écrire. Jamais je n’avais décrit des personnages, des lieux, des ambiances et encore moins eu l’occasion de m’entrainer à l’exercice redoutable de rédiger des dialogues.
Très vite, l’écriture est devenue un savoureux mélange entre envie et besoin. Une sorte de drogue douce à laquelle j’avais succombé sans même m’en rendre compte. Une année et demie après cette nuit de Noël de 2012, j’ai écrit la dernière ligne de mon roman avec en prime un sentiment vagabond qui vacillait entre la satisfaction d’être arrivé au bout et un début de mélancolie.

Qui a tué Heidi ? est votre second roman. Est-ce que son écriture a été plus facile que Le dragon du Murevan ou au contraire plus difficile du fait du bon accueil de votre premier roman ?

Le plaisir d’écrire et de construire une histoire est resté le même. J’ai commencé le deuxième avant même d’avoir une réponse d’édition pour le premier. Je ne peux pas dire si c’était plus facile ou difficile. Pour le 2e, j’avais envie de construire en premier lieu une intrigue qui tienne la route et passionne le lecteur, mais aussi de m’améliorer tant au niveau du contenu que de la forme. Cette fois, je me suis plus entouré. Pour le premier, j’étais en contact avec un médecin légiste avec qui nous avons échangé sur tous les aspects liés à son métier. C’était une expérience géniale et enrichissante qui m’a permis d’être au plus proche de la réalité. Pour le 2e, j’ai renouvelé l’expérience et l’ai même élargie en échangeant avec un inspecteur de police, un médecin, un avocat, etc.
Ensuite, une collaboration littéraire avec une amie auteur, Marie Javet (La petite Fille dans le Miroir ; son premier roman) a vu le jour. Au fil de l’écriture, nous relisions nos textes respectifs, les commentons, les corrigeons. Et nous discutons aussi ensemble du contenu. Si l’un des deux coince sur un point, l’autre réussit souvent à l’aider pour que la situation se débloque. C’est une collaboration passionnante et très enrichissante.

Pourriez-vous nous faire partager une journée d’écriture? Quelle est votre méthode d’écriture : l’isolation et le silence de chez vous, ou au contraire, l’ambiance vivante d’un bar ? Quels moyens : un ordinateur, une tablette ou le bon vieux carnet avec un stylo-plume ?

J’écris sur mon ordinateur. C’est beaucoup plus simple pour écrire, retravailler, corriger. Comme je travaille, je n’ai pas de journée « type » d’écriture. J’écris lorsque j’ai le temps et je peux le faire n’importe où. Souvent j’écris tôt le matin au réveil à la maison. Mais j’écris aussi régulièrement à Gryon sur les lieux, notamment au Café Pomme. C’est important pour moi d’être sur place pour écrire. Par moments, je préfère être au calme. Parfois en écoutant de la musique. Parfois dans un endroit vivant et bruyant comme un café. Cela dépend des envies et de mon état d’esprit. Lorsque j’écris, je suis dans une bulle et j’arrive à faire abstraction de ce qui se passe autour.

On entend souvent dire que l’auteur met une part de lui dans son personnage principal. Est-ce votre cas ?

Andreas est un personnage à part entière. Toute ressemblance… (rire). Au fil des pages, nous avons établi une relation proche et on a appris à mieux se connaître. Nous avons d’ailleurs décidé d’un commun accord que l’aventure allait se poursuivre… (rire). Il y a bien sûr des ressemblances. Je dirais même qu’il y a un peu de moi dans chaque personnage.

Pour préparer cette interview, je cherchais les noms d’autres auteurs suisses de romans policiers. Je pensais bien sûr à Frédéric Dard, mais qui fut suisse par adoption fiscale. J’ai eu du mal à en trouver que je connaissais en dehors de Joël Dicker, connu pour son succès L’affaire Harry Quebert. D’ailleurs l’un comme l’autre vous ne figurez pas dans la liste des auteurs suisses de romans policiers sur Wikipedia. Comment expliquez-vous cela ? Les services de communication des maisons d’édition ne portent-ils pas trop au firmament les auteurs nordiques au détriment des auteurs locaux qui ont souvent un talent supérieur ou une plus grande proximité avec leur lectorat ?

Pour Wikipedia, je ne saurai vous répondre… Moi-même j’aime bien découvrir ces polars, non seulement pour leur intrigue, mais aussi pour le cadre et l’atmosphère. En lisant, on s’immerge dans un pays, une région, un lieu et on voyage. Mais on remarque qu’en général, les lecteurs s’intéressent de plus en plus aux auteurs du cru. Un des éléments du succès du Dragon du Muveran est sans doute le fait que l’histoire se situe en Suisse. Les lecteurs peuvent ainsi s’identifier aux lieux et à l’ambiance. Et pour les lecteurs étrangers, français et belges, lire un livre qui se passe en Suisse apporte une touche d’exotisme.

Et si vous nous conseilliez un autre auteur(s) suisse de romans policiers ?

Avec d’autres auteurs, nous tentons d’augmenter notre visibilité au travers du « Cercle d’Auteurs de Polars Romands », on y retrouve Nicolas Feuz, Marie-Christine Horn, Quentin Mouron, Sébastien Meier et Yves Patrick Delachaux.

Depuis le succès de votre premier roman, Gryon est devenu le village helvète le plus connu. L’office du tourisme organise même des visites des principaux lieux de votre roman. Comment se passe cette nouvelle relation avec les gens du village ?

Dire que Gryon est devenu le village suisse le plus connu est sans aucun doute un peu exagéré… Gryon et la région étaient déjà bien connus par les Romands et beaucoup de gens y sont attachés parce qu’ils skient dans la région, qu’ils y ont un chalet, qu’ils y ont fait des camps dans leur enfance. Pour ces personnes, retrouver ce cadre dans un roman est sans aucun doute un intérêt supplémentaire lors de la lecture. Mais il est vrai aussi que des personnes qui ne connaissaient pas la région y sont venues après avoir découvert le Dragon du Muveran. C’est ce qui explique aussi le succès des randonnées-lectures sur les lieux du crime.
Je souhaitais que les gens de la région puissent s’identifier à la description des lieux et des ambiances que j’ai décrites. Et il semble que ce soit le cas. J’ai eu de nombreux retours très enthousiastes des habitants.

Je vous propose un questionnaire façon Bernard Pivot pour lequel vous êtes libre de développer votre réponse, ou pas.

Si vous deviez être un policier ou un enquêteur de la littérature ?

Anders Knutas , inspecteur sur l’île de Gotland, une île qui m’est chère.

Si vous deviez être un méchant de la littérature ?

Hannibal Lecter pour son côté épicurien…

Si vous deviez être une arme ou une façon de tuer ?

Je n’arrive pas à m’imaginer être une arme ni une façon de tuer. Seuls mes personnages de romans seraient à même de répondre…

Votre écrivain modèle ?

Henning Mankell

Le thriller ou le roman policier que vous auriez aimé avoir écrit ?

Le Crime de l’Orient d’Express.

Celui que vous êtes en train de lire ?

Eunoto de Nicolas Feuz. Et le prochain sur la liste est le dernier Camilla Läckberg que je lis en suédois, ma langue maternelle.

Le mot que vous bannissez ?

Impossible.

Le mot que vous aimez prononcer ?

Je t’aime.

Et comme vos personnages, vous êtes un épicurien ?

Oui, mais un épicurien plus attaché à la nature… qu’aux produits. J’aime voyager et découvrir des endroits. Moins il y a d’habitations et de monde, plus je suis heureux. Ce sont des moments que j’aime partager avec mon ami.

Un cigare ?

Le Sir Winston de Upmann, un module Churchill, un cigare exceptionnel ou alors The Five Sixty de la marque El Sueno, une découverte récente avec de grandes qualités qui est produit par un ami.

Un vin ou un alcool ?

Le whisky, de préférence de l’île d’Islay en Écosse.

Un plat ou une pâtisserie ?

La fondue ou le steak tartare

Et pour terminer, la question que l’on ne devrait pas poser à un écrivain à la sortie de son dernier livre. Est-ce que vous avez déjà une idée du prochain roman ?

Oui. L’intrigue du 3e commence à se mettre en place…


Pour rappel, le second livre de Marc Voltenauer, Qui a tué Heidi ?, paraîtra le 7 septembre 2017 en France. Mais Marc m’ayant fait parvenir le livre en avance, vous aurez la joie de trouver la critique de ce livre dès le 26 août 2017 jour du lancement du livre. A bientôt.

 
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Publié par le 2017/08/16 dans Evénements

 

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Faut-il flinguer le polar scandinave?

Faut-il flinguer le polar scandinave?

François Lestavel propose un excellent article sur le polar scandinave dans Paris Match.

Je ne peux que vous incitez à le lire en cliquant sur le lien suivant.

 
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Publié par le 2017/08/14 dans Actualités, Divers

 

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