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Archives de Catégorie: Thrillers

Les livres qui vous tiennent en haleine du début à la fin… du moins sur le papier

JP Delaney – La fille d’avant

JP Delaney – La fille d’avant

Si vous êtes habitués à mon blog, vous aurez remarqué que je ne suis pas très amateur de thrillers psychologiques.

Aujourd’hui, je vais tenter de rééquilibrer cette injustice en vous parlant de La fille d’avant de J.P. Delaney. J’avoue ne plus me rappeler d’où ou de comment j’ai eu vent de ce roman, sans doute au travers des Mordus du Thriller sur un célèbre réseau social, mais toujours est-il que j’avais souvenir de bons retours à son encontre.

Alors serais-je séduit pour qu’il y ait un après avec J.PJ. Delaney après avoir lu La fille d’avant ?

Résumé du livre

Après un drame éprouvant, Jane cherche à tourner la page. Lorsqu’elle découvre le One Folgate Street, elle est conquise par cette maison ultra moderne, chef d’oeuvre de l’architecture minimaliste, parfaite. Mais pour y vivre, il faut se plier aux règles draconiennes imposées par son architecte, Edward Monkford, aussi mystérieux que séduisant. Parmi celles-ci : répondre régulièrement à des questionnaires déconcertants et intrusifs. Peu à peu, Jane acquiert une inquiétante certitude : la maison est pensée pour transformer celui qui y vit. Or elle apprend bientôt qu’Emma, la locataire qui l’a précédée et qui lui ressemble étrangement, y a trouvé une fin tragique.
Alors qu’elle tente de démêler le vrai du faux, Jane s’engage sur la même pente, fait les mêmes choix, croise les mêmes personnes… et vit dans la même terreur que la fille d’avant.

Avis

Ce qui m’a séduit à la lecture de la quatrième de couverture, mais aussi à la lecture des premiers chapitres, c’est le concept de cette maison intelligente qui demande autant de son locataire qu’elle lui offrira de services; à condition de sous soumettre à 200 règles drastiques et améliorer son score aux questionnaires qui lui sont régulièrement posés.

Mais heureusement on ne reste pas longtemps sur cette originalité et l’on va suivre en parallèle l’histoire de deux des locataires du One Folgate Street. L’une qui va enquêter sur la mort de la femme du propriétaire et concepteur de la maison, la second sur la fin tragique de la première. Je n’en dirais pas plus de peur de vous dévoiler plus le roman.

Nous allons donc suivre l’évolution de ces deux personnes tant vis-à-vis de leur conditionnement de part les règles imposées par le contrat de location, mais aussi de leurs interrogations du fait de leur enquête. Vous l’aurez compris, il s’agit pour chacune d’elle d’une double quête que l’on pourrait qualifier d’intérieur et en quelque sorte de policière. La tension monte bien sûr, tant pour les personnages que pour le lecteur. Dans les deux cas, on s’interroge sur la caractère accidentel du décès, et pour l’autre sur sa survie.

Si l’histoire est intéressante, on ne peut à J.P. Delaney de n’offrir au lecteur que deux alternatives pour le dénouement du roman. Ce qui est bien dommage car elle a su maintenir le lecteur en haleine tout le long en alternant le parcours des deux héroïnes, en introduisant simultanément un nouvel élément et en analysant leur réaction respective.

Le style est agréable, fluide. Comme dans tout roman psychologique, les personnages ont une personnalité bien définie avec des bases solides pour soutenir la narration.

J’ai lu « avec les oreilles » ce roman, le recours à deux lectrices (une par personnage) est une très bonne idée, ce qui permet d’identifier rapidement le personnage qui raconte son aventure; même si cela est rappelé en début de chaque chapitre. Leur diction est parfaite, leur interprétation sans surjeu.

Un thriller psychologique qui ravira les amateurs du genre.

Notation

Histoire
Ecriture
Durée de lecture
Prix

Caractéristiques :

  • Livre
    • Broché: 432 pages
    • Editeur : Fayard/Mazarine (8 mars 2017)
    • Collection : Romans
    • Langue : Français
    • ISBN-10: 2863744496
    • ISBN-13: 978-2863744499
    • Prix : 21,90€
  • Poche
    • Broché: 512 pages
    • Editeur : Le Livre de Poche (28 février 2018)
    • Collection : Thrillers
    • Langue : Français
    • ISBN-10: 2253092568
    • ISBN-13: 978-2253092568
    • Prix : 8,90€
  • eBook
    • Editeur : Fayard/Mazarine (8 mars 2017)
    • Langue : Français
    • EAN: 978-2863745380
    • Prix : 8,49€
  • Audio
    • Durée : 9 heures et 21 minutes
    • Editeur : Audiolib (11 octobre 2017)
    • Lectrices : Ingrid Donnadieu, Floriane Muller
    • Langue : Français
    • EAN ; 978-2367624471
    • Prix : 21,50€

Revue de presse

« Un thriller psychologique poussé dans des retranchements rarement explorés »  Valérie Gans, Figaro madame.

« Diabolique ». Alix Girod de l’Ain, Elle.

« La version 3.0 du Manderley de Daphné du Maurier. Étourdissant. »  Marie Rogatien, Le Figaro Magazine.

« Une bonne surprise, impossible à lâcher. »  Delphine Peras, L’Express.

Site  FB de l’auteur

https://fr-fr.facebook.com/nicolas.beuglet

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Publié par le 2018/06/24 dans Thrillers

 

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Nicolas Beuglet – Complot

Nicolas Beuglet – Complot

Il est temps pour moi de faire la chronique d’un des livres les plus attendus de l’année. J’avais adoré le premier roman (sous son vrai nom) de Nicolas Beuglet Le cri et j’attendais avec impatience son second.

Le hasard faisant bien les choses, j’ai découvert que cet auteur venait faire une présentation de Complot suivie d’une séance dédicaces proche de chez moi, à la librairie des Cyclades de Saint-Cloud. Je n’ai pas eu à me faire prier pour m’y rendre comme vous pouvez le voir

Alors est-ce que Complot tient ses promesses ou bien est-il victime du complot rendant les seconds romans décevant ?

Résumé du livre

Un archipel isolé au nord de la Norvège, battu par les vents. Et, au bord de la falaise, le corps nu et martyrisé d’une femme. Les blessures qui déchirent sa chair semblent être autant de symboles mystérieux.

Quand l’inspectrice Sarah Geringën, escortée par les forces spéciales, apprend l’identité de la victime, c’est le choc. Le cadavre est celui de la Première ministre.

Qui en voulait à la chef de gouvernement ? Que cachait-elle sur cette île, dans un sanctuaire en béton enfoui au pied du phare ? Sarah, très vite, le pressent : la scène du crime signe le début d’une terrifiante série meurtrière. Dans son enquête, curieusement, quelqu’un semble toujours la devancer. Comme si cette ombre pouvait lire dans ses pensées…

De la Norvège à la vieille cité de Byblos, et jusqu’au cœur même du Vatican, c’est l’odeur d’un complot implacable qui accompagne chacun de ses pas. Et dans cette lutte à mort, Sarah va devoir faire face à ses peurs les plus profondes. à ses vérités les plus enfouies…

Étayé par les dernières découvertes de la science et de l’histoire, Complot explore les secrets premiers de l’humanité.

Un thriller époustouflant. Et une révélation bouleversante sur ce que fut, il y a fort longtemps, le pouvoir des femmes.

Extrait

Sur Calameo

Avis

Je ne vais as tourner autour du pot : ce roman est tout simplement excellent. Nicolas Beuglet réussit le tour de force de proposer un second roman encore meilleur que le premier.

Ce roman a toutes les qualités d’un roman policier pour l’enquête, du thriller pour le suspense est le rythme. Sur ce dernier point, au premier tiers du livre, une fois la scène de crime découverte et l’enquête débutée, j’ai eu un petite peur que le roman ne s’installe dans un rythme régulier sans surprise. A peine m’étais-je fait cette remarque que l’auteur enclenche la 6ème vitesse à son roman, et attention, le régime ne baisse pas. Il vous faudra des nerfs solides et un grand moment de disponibilité, car vous ne pourrez pas lâcher ce livre avan d’avoir tourner la dernière page.

Le réel point fort de Nicolas Beuglet, dans ses deux romans d’ailleurs, est de bâtir son intrigue policière sur de solides fondations; mais attention, pas de petits pilotis, là ce sont des piliers en béton. Après avoir traité de la vie et de la mort dans Le cri, l’auteur aborde ici un sujet (que je ne vous révélerai pas pour ne pas spoiler le livre) qui, de son propre aveux donne une dimension supplémentaire à son roman du fait de la coïncidence avec son prédominance dans l’actualité de ces derniers mois. Il y a bien sûr une exposition théorique sur le sujet, mais contrairement à d’autres romans où cela s’éternise au risque de perdre son lecteur, comme Signe de vie de José Rodrigues dos Santos, ici nous en avons la substantifique moelle nécessaire au roman. Et d’ailleurs, à défaut d’aller vérifier l’exactitude des points exposés, cela a le mérite de nous faire réfléchir.

Les lecteurs qui avaient lu Le cri auront la joie de retrouver les héros du premier roman, de voir leurs changements professionnels et psychologiques, mais plus particulièrement l’évolution de la relation entre Sarah et Christopher. Pour les autres qui désireraient découvrir cet auteur, il est préférable de lire les romans dans l’ordre car dans Complot quelques rappels du Cri viendraient vous dévoiler la fin de celui-ci.

Donc, une bonne enquête, une bonne histoire de fond, un rythme d’enfer et des personnages attachants : je vous recommande ce roman pour une lecture de vacances estivales.

P.S : Comme j’aime bien le faire, saurez-vous trouver la petite erreur lors de l’arrivée de Sarah Geringën sur l’île ?

Réponse : une des rares fois où l’auteur donne des horaires précis, c’est juste avant l’atterrissage de l’hélicoptère puis à l’arrivée de l’héroïne sur les lieux du crime avant d’avoir pris le bateau : moins d’une minute s’est écoulée pour réaliser toute cela.

Notation

Histoire
Ecriture
Durée de lecture
Prix

Caractéristiques :

  • Livre
    • Broché: 496 pages
    • Editeur : XO (16 mai 2018)
    • Langue : Français
    • ISBN-10: 2845639813
    • ISBN-13: 978-2845639812
    • Prix : 19,90€
  • eBook
    • Editeur : XO (16 mai 2018)
    • Langue : Français
    • EAN: 978-2374480831
    • Prix : 12,99€

Revues de presse

Un palpitant thriller féministe.” François Lestavel, Paris Match

Le Français tricote à nouveau une intrigue haletante […] basée sur ses recherches scientifiques.” David Moginier, La Tribune de Genève

C’est un véritable page turner.” François Lestavel (Paris Match), Onlalu

« Nicolas Beuglet : « Raconter une bonne histoire, c’est offrir de l’immortalité«  » – Paris Match

« Un excellent thriller » – Frédérick Rapilly, Télé 7 jours

Interview de l’auteur sur le site de son éditeur XO

Site  FB de l’auteur

https://fr-fr.facebook.com/nicolas.beuglet

P.S : Nicolas Beuglet sera en dédicace à la librairie l’Ecriture de Vaucresson, samedi 30 juin de 15h à 17h.

 
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Publié par le 2018/06/07 dans Policier, Thrillers

 

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Jack Heath – Mange tes morts

Jack Heath – Mange tes morts

Jack Heath ne vous dit rien, cela est normal, sauf si vos enfants aiment se faire epur en lisant les séries Monstres et 30 minutes pour survivre. Rares furent ses incursions dans la littérature adulte.

Histoire

La faim justifie les moyens.Cameron Hall, 14 ans. Disparu en rentrant de l’école ; rançon exigée. L’horloge tourne, la police est impuissante : c’est une mission pour Timothy Blake.
Timothy (nom de code  » le pendu « ) a un don. Il lit dans l’esprit des gens. Comprend tout avant tout le monde. Résout les énigmes les plus ardues. Le genre à s’ennuyer avec un Rubik’s Cube ou à connaître votre numéro de sécurité sociale par cœur. Mais Timothy a aussi un problème. Pas le fait d’être pauvre, non. Pas le fait d’être affublé d’un colocataire toxicomane et parano prénommé Johnson. Un vrai problème, un problème, disons, comportemental. Qui fait que même le FBI répugne à travailler avec lui. Une vie sauvée, une récompense : ainsi fonctionne Timothy. Mais cette fois, et malgré l’appui de l’agent spécial Reese Thistle, il se pourrait que notre sympathique génie psychopathe ait trouvé à qui parler.Ce thriller survolté et sans tabou ne vous laissera aucun répit. Accessoirement, il se pourrait qu’il vous incite à devenir végétarien.

Avis

Si ce roman est bien écrit et se lit agréablement, son principal intérêt n’est pas dans son intrigue policière, relativement maigre et dont les amateurs du genre trouveront rapidement la solution, mais plutôt dans son originalité de son héros. Je ne vais pas divulguer la particularité de celui-ci mais le titre du roman donne plus qu’un indice, une définition.

De ce fait, ce seront l’humour sordide, noire, qui transforme l’histoire en un grand n’importe-quoi irrévérencieux et donne toute la saveur à ce livre. Ce mélange de dérision, de rebondissements plus incroyables les uns que les autres, et de violence me fait immanquablement penser à Quentin Tarantino.

Ce n’est que le final qui m’a bien plu. Sans qu’il soit mémorable, on pourrait le deviner mais on se faire surprendre par le dernier twist dans les dernières pages.

Un bon divertissement histoire de s’aérer l’esprit mais qui nous laisse un peu sur notre faim.

Notation

Histoire
Écriture
Durée de lecture
Prix

Caractéristiques :

  • Livre
    • Broché: 400 pages
    • Editeur : Super 8 éditions (22 mars 2018)
    • Langue : Français
    • ISBN-10: 237056105X
    • ISBN-13: 978-2370561053
    • Prix : 19,00€
  • eBook
    • Format : ePub
    • Editeur : Super 8 éditions (22 mars 2018)
    • Langue : Français
    • EAN : 978-2370561084
    • Prix : 12,99€

Site internet de l’auteur

http://jackheath.com.au/

 
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Publié par le 2018/06/02 dans Policier, Thrillers

 

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Jacques Saussey – 7/13

Jacques Saussey – 7/13

S’il est un auteur français de thriller que j’ai découvert avec grand plaisir depuis la création de ce blog, c’est bien Jacques Saussey.

Après Le loup peint, Ne prononcez jamais leurs noms (plus qu’excellent) et La pieuvre, je me lance dans la lecture de mon quatrième livre de cet auteur : 7/13.

Que peut-il bien se cacher derrière ce 7/13 si ce n’est une faute dans ma date anniversaire (9/13) ?

Résumé du livre

Hiver 2015. Durant l’absence prolongée des propriétaires, une villa de la banlieue parisienne est le théâtre d’un crime atroce. Lorsqu’il arrive sur les lieux, le capitaine Magne découvre avec effroi que le corps n’est plus reconnaissable. Pas de vêtements, pas de papiers : l’identification s’annonce compliquée. Décembre 1944. Londres. Un officier américain scrute avec inquiétude le brouillard qui plombe le ciel de l’Angleterre. Il projette de traverser la Manche au plus vite pour rejoindre la France où il doit préparer l’arrivée prochaine de ses hommes. Le mauvais temps s’éternise mais bientôt, une proposition inattendue va faire basculer son destin. Soixante-dix ans plus tard, elle confrontera les enquêteurs du quai des Orfèvres à l’un des mystères les plus stupéfiants qu’ils aient jamais rencontrés.

Extrait

14 mars 2015
  La maison est cossue. De type bourgeois, en forme de L, pierres de taille et allée pompeuse bordée d’arbustes coiffés au cordeau. Un terrain immense entretenu à grands frais, des fruitiers au fond, près de la rivière, des massifs de rosiers encore figés dans la fin de l’hiver, des crocus qui montrent le bout de la langue sous l’herbe pliée par la rosée.
  Près du bâtiment, une piscine couverte s’avance sur le gazon. Elle a été verrouillée pour la mauvaise saison. À travers la vitre salie par des fientes d’oiseaux et des feuilles mortes collées par l’humidité, j’aperçois l’eau qui a pris une vilaine couleur verdâtre.
– Venez, c’est par là.
  Le commandant Picaud me désigne la porte de la maison. Il m’explique qu’un serrurier l’a forcée deux heures auparavant pour conserver la scène de crime la plus intacte possible. Le meurtrier a fracturé une porte-fenêtre du salon. L’Identité judiciaire est en plein travail, mais ils devraient avoir fini leurs investigations d’ici quelques dizaines de minutes. Dans l’air frais de ce début de matinée, les croassements des corneilles se répercutent à l’infini entre les branches bourgeonnantes des peupliers.
  Il n’y a pas un bruit dans la rue, suffisamment éloignée de la bâtisse pour que personne n’ait pu y entendre le moindre cri. Et pourtant, de nombreux badauds se pressent contre la grille du parc que deux agents surveillent, l’oeil farouche.
Les regards des curieux alternent sans fin entre les hommes en blanc qui oeuvrent autour de la maison et le fourgon mortuaire qui attend dans l’allée que les techniciens du crime donnent au légiste l’autorisation d’enlever le corps.
– Je vous préviens, c’est moche.
  Je ne réponds pas. J’ai entendu ça des dizaines de fois. C’est comme une petite musique lancinante qui accompagne chaque découverte de cadavre. Car chaque mort est moche lorsque nous sommes conviés à en constater le terrible résultat, à appréhender la façon dont elle a fondu sur sa proie. Aucune de ces personnes n’a eu le temps de se préparer à ça, de donner une autre apparence à son visage que celle du vide qui a aspiré son âme et a abandonné son corps dans une posture souvent grotesque.
  Au moment où je pose le pied à l’intérieur de la maison, je comprends que non seulement ça va être moche, mais même très moche. L’odeur de putréfaction semble s’être imprégnée jusque dans les murs. Torrentin, le légiste qui attend patiemment l’heure d’intervenir en faisant les cent pas dans l’entrée, nous salue et me tend une boîte de pâte au camphre. J’hésite une seconde, mais me résous à m’en tartiner le dessus de la lèvre supérieure. La puanteur est intolérable.
– Elle a été assassinée il y a au moins huit ou dix jours, à vue de nez. Peut-être même un peu plus. Le chauffage était au maximum. La décomposition a été très rapide. Je vous en dirai davantage une fois que j’aurai réalisé l’autopsie.
  Je hoche la tête. Torrentin est un vieux de la vieille. Il connaît son boulot. J’observe le hall d’entrée, vaste et un peu tape-à-l’oeil, à l’instar du jardin. Marbre clair, statuettes pseudo-grecques prétentieuses qui ont dû coûter un bras chacune. Cette baraque respire l’argent à plein tube. Pas étonnant que ça ait créé des convoitises.
– Cette femme, elle habite ici ?
  Picaud s’approche du ruban que l’IJ a tendu en travers de l’entrée, entre le salon et ce qui doit être la cuisine.
– Non. D’après les voisins, la maison était vide. Les propriétaires sont en vacances au Mexique depuis trois semaines. On cherche actuellement à les joindre, mais le réceptionniste de leur hôtel, à Cancún, nous a indiqué qu’ils sont partis en excursion depuis hier. On devrait y parvenir dans la journée. C’est l’employé qui entretient le parc en leur absence qui a découvert l’effraction tôt ce matin, et le crime ensuite. Il a tout de suite prévenu les collègues du SRPJ de Versailles qui nous ont vite fait transmis l’affaire quand ils sont arrivés sur les lieux.
– Trop chaude pour eux ?
– Trop proche. Le type à qui appartient cette maison, Jean Coppard, est un seigneur local. Il emploie des centaines de personnes dans la région. Il dirige sa boîte d’une main de fer. Il est très influent, tant au niveau économique, social, que politique. Les pontes de Versailles ont demandé que la Crime s’en charge. Officiellement, ils sont débordés, mais nous savons tous que c’est pour délocaliser la bombe. C’est une affaire qui va faire du bruit, c’est certain. Tenez, regardez dehors, ça n’a pas été long avant qu’ils rappliquent, ceux-là.
  Je jette un coup d’oeil à travers la baie vitrée. Un camion bariolé s’est arrêté juste devant le portail, ses paraboles dressées vers le ciel. Je n’ai pas besoin de jumelles pour savoir que les caméras sont déjà braquées vers la Maison de la Mort, comme leurs journaux l’appelleront dès demain matin, et le JT pas plus tard que ce midi. Heureusement, le cadavre est à l’intérieur. Ça évitera les clichés de mauvais goût, du genre de ceux que va essayer de prendre ce type que je vois se plier en deux pour entrer dans la végétation dense du bois, du côté de la fenêtre fracturée. Un gros téléobjectif bat dans son dos au bout d’une sangle jaune fluo.
  Je fais un signe à Torrentin pour lui montrer le manège du paparazzi. Il comprend tout de suite. Il a l’habitude. Il nous quitte pour aller tendre un drap blanc devant l’issue par laquelle sera évacuée la morte.
  De la dignité. C’est tout ce qu’on peut lui offrir, à cette femme, désormais, avant son dernier trajet jusqu’à la table d’inox du légiste.
  Picaud est silencieux, lui aussi. Il me scrute d’un oeil inquisiteur. Oui, ça va. Ça va. On ne va pas y passer la journée, si ? Je sais ce qu’il rumine. Je lis ses pensées comme s’il était en train de les écrire au feutre sur le papier peint. Lisa vient juste de sortir de l’hôpital. Elle est rentrée à l’appartement. Une infirmière veille sur elle. Elle lui rend visite chaque matin, puis chaque après-midi, pour s’assurer que tout va bien. Elle est là tandis que moi je suis ailleurs, sur le terrain, pour ne plus croiser le regard absent de celle que j’aime et pour qui je suis aujourd’hui devenu transparent.
  Son ventre gardera à vie la cicatrice de la balle qui a tué notre enfant. Son esprit ne guérira jamais de cette blessure. L’homme responsable de ce crime abject n’est plus, mais son acte lui survivra jusqu’à ce que, tous les deux, nous ne soyons plus que poussière.
  Lisa commence tout juste à pouvoir se lever. Ses jambes la portent à peine. Elle n’est plus que l’ombre d’elle-même. J’ignore combien elle pèse aujourd’hui, mais je sais que ce n’est pas bon pour elle que ses os saillent comme ça de ses épaules. Une psychologue la voit toutes les semaines depuis qu’elle a repris connaissance. Il a fallu plus de quatre jours avant qu’elle accepte une autre alimentation que celle de la perfusion.
  Elle a vomi son premier repas. Puis le deuxième. Je sais qu’elle a failli renoncer, que c’est parce qu’elle m’a vu pleurer en la serrant dans mes bras qu’elle s’est accrochée.
  Nous y arriverons.
  Ensemble, nous y arriverons.
  Parce qu’il le faudra bien.
– Si ce n’est pas la propriétaire, qui est-elle ?
  Les yeux de Picaud clignent alors et son esprit quitte la salle d’opération où Lisa a failli mourir.
– Aucune indication pour l’instant. Les hommes de l’IJ n’ont pas trouvé de papiers ni d’objets qui lui auraient appartenu.
– Rien dans ses vêtements ? Son sac ?
  Picaud secoue la tête.
– Pas de vêtements, pas de sac.
  J’accuse le coup. Une femme inconnue, assassinée dans une maison qui n’est pas la sienne. Ses fringues disparues. Ça ressemble déjà à un meurtre soigneusement prémédité.
– Le type voulait qu’on ait du mal à l’identifier, dites donc.
  Le commandant me jette un nouveau regard trouble.
– Oui. Il a emporté absolument tout ce qui pouvait nous le permettre. C’est ça le problème…
  Son ton ne me dit rien qui vaille.
  C’est le moment que choisit l’un des techniciens de la mort pour venir à notre rencontre à travers le hall, en bas de l’escalier de marbre qui dessert la mezzanine. Ses semelles sont propres, mais des taches sombres maculent les surchaussures qu’il tient entre ses gants de latex à la couleur douteuse.
– C’est OK pour nous. Vous pouvez disposer du corps, doc.
  Torrentin acquiesce du menton.
– Vous voulez y jeter un oeil avant que je l’embarque, messieurs ?
  Je serre les dents et opine d’un coup en essayant d’oublier l’odeur qui se mélange au camphre en une mixture infâme qui torture mes narines. Picaud agit de même. Il est déjà blanc comme un spectre.
  Le légiste fait un pas en avant, se ravise et nous demande :
– J’ai oublié de vous poser la question… Vous avez déjeuné, ce matin ?

Avis

Je crois que j’ai publié ma critique avant de donner mon avis…. patientez encore quelques heures, il arrive 😉

Notation

Histoire
Ecriture
Durée de lecture
Prix

Caractéristiques :

  • Livre
    • Broché: 464 pages
    • Editeur : Editions Toucan (10 janvier 2018)
    • Collection : Toucan Noir
    • Langue : Français
    • ISBN-10: 2810008108
    • ISBN-13: 978-2810008100
    • Prix : 13,90€
  • eBook
    • Format : ePub
    • Editeur : Editions Toucan (10 janvier 2018)
    • Collection : Toucan Noir
    • Langue : Français
    • EAN : 978-2810008117
    • Prix : 9,99€
  • Livre Audio
    • Durée : 11 heures et 37 minutes
    • Editeur : Audible Studios
    • Date de publication : 13 mars 2018
    • Langue : Français
    • ASIN: B07B8KQXRG
    • Prix : 24,95€

Site internet de l’auteur

http://www.jacques-saussey.fr/

 
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Publié par le 2018/05/31 dans Policier, Thrillers

 

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Franck Thilliez – Le manuscrit inachevé

Franck Thilliez – Le manuscrit inachevé

Pif, paf, pouf, un an et 8 jours (pour être exact) après la parution de Sharko qui nous avait laissé sans voix et sur les rotules, Franck Thilliez nous amène un nouveau roman mais cette fois-ci sans son héros fétiche.

 

Histoire

Aux alentours de Grenoble, une voiture finit sa trajectoire dans un ravin après une course-poursuite avec la douane. Dans le coffre, le corps d’une femme. À la station-service où a été vu le conducteur pour la dernière fois, la vidéosurveillance est claire : l’homme n’est pas le propriétaire du véhicule.

Léane Morgan et Enaël Miraure sont une seule et même personne. L’institutrice reconvertie en reine du thriller a toujours tenu sa vie privée secrète. Sa vie ? Un mariage dont il ne reste rien sauf un lieu, L’Inspirante, villa posée au bord des dunes de la Côte d’Opale, et le traumatisme de l’enlèvement de sa fille Sarah. L’agression soudaine de son mari va faire resurgir le pire des quatre dernières années écoulées.

Dans le vent, le sable et le brouillard, une question parmi d’autres se pose : vers qui, vers quoi se tourner, quand l’unique vérité est que tout vous devient étranger ?.

Avis

Que dire de Franck Thilliez que nous n’ayons pas dit : que c’est un écrivain de thrillers formidables, qui maîtrise parfaitement le style de cette littérature, qui sait habilement donner tous les indices pour résoudre un énigme tout en jalonnant son récit de fausses pistes, qui dresse des personnages consistants, réfléchis, vivants, sensibles et abîmés mais plein d’humanité, qui dresse deux histoires en parallèle sans rapport logique en apparence mais qui forcent le lecteur à tourner les pages.

Mais cette fois-ci, Franck Thilliez est plus retors : mêlant fiction et réalité, tout en rendant hommage aux plus grands du roman policier, par exemple, en donnant comme noms de code à ses personnages les patronymes des personnages des fictions de Sherlock Holmes, Franck Thilliez joue avec le lecteur. car au final qu’est-ce que lecteur désire plus que tout en lisant un thriller, trouver la solution à l’énigme. or il se trouve que pour narguer son lecteur, non seulement Franck Thilliez annonce la couleur dès le début du roman, mais en plus, rappelle tout au long du livre les indices en les soulignant…. peut être un peu trop à mon goût.

Malheureusement, bien que tous les ingrédients soient présents pour faire un excellent roman, il y a un je-ne-sais-quoi qui fait que la mayonnaise prend moins bien que pour les autres romans. Est-ce l’absence de Sharko et Henebelle ? Est-ce cette idée de manuscrit inachevé qui n’apporte rien au récit, mais perturbe plus le lecteur qu’autre chose, l’empêchan de se projeter dans l’histoire ? Aucune idée mais je n’ai pas retrouvé dans ce roman la petite étincelle qui rend d’habitude les romans de Franck Thilliez magiques.

Mais encore une fois, c’est un très bon roman qui vaut bon nombre de thrillers présents sur les bacs des libraires.

Serait-ce le succès d’Entre deux mondes d’Olivier Norel, mais tous les derniers romans que j’ai lu se déroulent à un moment ou à un autre entre la baie de Somme et Calais : La nuit de l’ogre de Patrick Bauwen, 7/13 de Patrick Saussey, et Le manuscrit inachevé de Franck Thilliez. Ces auteurs se rencontrant souvent dans des salons, je suis venu à me demander s’ils ne s’étaient pas lancé un petit défit : que le roman se déroule dans la Côte d’Opale et ses envions proches. Et comme cela est plutôt la région favorite de Franc Thilliez, je penserais qu’il est l’instigateur.

Enfin chers habitués à ce blog, je vous soumets à mon tour un petit défit. Le roman comporte une erreur grossière dans la première partie du roman. Saurez-vous la relever ? La solution en fin de billet.

Notation

Histoire
Écriture
Durée de lecture
Prix

Caractéristiques

  • Livre
    • Broché: 528 pages
    • Editeur : Fleuve éditions (3 mai 2018)
    • Langue : Français
    • ISBN-10: 2265117803
    • ISBN-13: 978-2265117808
    • Prix : 21.90€
  • eBook
    • Editeur : 12-21 (3 mai 2018)
    • Collection : Policier / Thriller
    • Langue : Français
    • EAN : 978-2823860573
    • Prix : 17,99€
  • Livre audio
    • Editeur : Lizzie – Univers Audio (7 juin 2018)
    • Collection : Policier / Thriller
    • Langue : Français
    • EAN : 979-1036600456
    • Prix : 21,90€

Revues de presse

«  Inutile de maintenir plus longtemps le suspense, je ne suis pas un maître du genre : eh bien, c’est excellent.  » , Éric Chevillard, Le Monde des Livres

 » Franck Thilliez confirme qu’il fait bien partie des grands du thriller.  » , Le Parisien

Présentation du livre par l’auteur lors du Quais du Polar

Site internet de l’auteur

www.franckthilliez.com

Solution à mon défi

Le premier corps retrouvé est énucléé, or lors de l’autopsie le médecin légiste dit avoir fait les prélèvements d’usage dont l’humeur vitrée. Or l’humeur vitrée ne trouve que dans les yeux.

 
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Publié par le 2018/05/21 dans Espionnage, Policier, Thrillers

 

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Patrick Bauwen – La nuit de l’ogre

Patrick Bauwen – La nuit de l’ogre

L’an dernier avec Le jour du chien, Patrick Bauwen nous avait fourni un des meilleurs, si ce n’est le meilleur thriller de 2017. Les lecteurs de Babelio lui ont d’ailleurs décerné le prix du meilleur thriller pour 2017.

Grâce à Masse Critique de Babelio, j’ai eu la chance d’avoir ce livre en primeur avant sa sortie nationale le 9 mai dernier, en version Service de Presse. Je profite de cette introduction pour les en remercier.

De par son titre, on suppose un lien avec son précédent roman, mais est-ce que l’ogre aura autant de chien que son prédécesseur ?

Résumé du livre

La mort est un art.
Vous en êtes le spectateur.
Et vous pourriez être sa prochaine victime.

Des sous-sols de Paris aux recoins obscurs des facultés de médecine, Chris Kovac, médecin urgentiste, se lance à corps perdu dans une enquête qui ressemble à une nuit sans fin.
Après Le Jour du chien, Prix polar 2017, Patrick Bauwen signe un thriller aussi effroyable que maitrisé.

Extraits

Lisez les premières pages sur Calameo : https://www.calameo.com/read/001918672b75040512512

Avis

Patrick Bauwen semble se plaire à rester en France (quoique) en place de son territoire favori les Etats-Unis. Après Le jour du chien, l’auteur poursuit sa série du Chien avec La nuit de l’ogre. Cependant dans ce second tome (est-on en droit d’en espérer au moins un autre ?), le Chien n’est pas au centre de l’aventure, mais seulement comme un élément connexe, secondaire. Ce qui n’est pas sans nous déplaire car cela donne à ce personnage une dimension supplémentaire : un être de l’ombre, qui a l’intelligence de n’intervenir que quand il l’estime nécessaire, et donc qui peut avancer ses pièces de manière cachée.

Dans La nuit de l’ogre, on retrouve également Chris Kovac, ce médecin charmant, curieux de tout, qui pour rendre service à sa collègue de travail, part à la recherche de sa fille portée disparue. Mais cette fois-ci, sauf au démarrage de l’histoire, le lecteur ne va plonger dans les bas fond de Paris, mais dans les bas fond de la société et de son rapport avec les morts. Je ne peux en dire plus de peur de dévoiler une grosse partie de l’histoire. Mais le domaine dans lequel Patrick Bauwen entraîne son lecteur m’était inconnu, tout comme je pense pour la majeure partie de son lectorat. On sent que l’auteur s’est documenté sur le sujet pour nous en retransmettre toute la substantifique moelle.

Lui-même étant médecin urgentiste et responsable d’un service d’urgences dans une clinique à L’Isle-Adam en région parisienne, l’auteur nous fait également bénéficier de son expérience du milieu hospitalier et des confréries estudiantines. D’ailleurs il ne manque pas de faire quelques clins d’œil à ceux-ci. On ne peut que se demander si le rythme de vie et le « régime alimentaire » de Chris Novac s’inspirent d’une connaissance professionnelle de l’auteur.

Même si dès ses premiers romans Patrick Bauwen avait montré un sens aigu du suspense et une maîtrise du rythme donné au roman, il faut l’avouer, de roman en roman, le niveau monte. Les personnages sont solides et s’étoffent encore un peu dans ce second tome. L’écriture est parfaite, d’une grande fluidité; les yeux glissent sur les pages et au final les 500 pages sont rapidement lues. Il est intéressant de voir l’affaire au travers des différents points de vue des personnages qui alternent au fur et à mesure des chapitres. On remarquera que pour accentuer la projection du lecteur dans le roman, l’utilisation de la première personne du singulier est toujours employé lorsqu’il s’agit de Chris Kovac.

L’intrigue est bien ficelée mais je formulerais un petit reproche à l’auteur qui ne nous donne pas tous les éléments nécessaires pour solutionner l’énigme; mais à près tout, le héros a les mêmes et trouve bien le coupable (certes il est un peu aidé par Patrick Bauwen). Ou encore sur la description un peu légère de la Croix de Cayeux sur Mer qui ne nous permet pas d’imaginer son aspect réel… mais cela est anecdotique.

En conclusion, un excellent roman qui pourra vous accompagner à la plage cet été… si vous résistez à la tentation de le lire d’ici-là. Et c’est donc avec une réelle impatience que j’attends le troisième tome de la série du Chien.

Notation

Histoire
Ecriture
Durée de lecture
Prix

Caractéristiques

  • Livre
    • Broché: 496 pages
    • Editeur : Albin Michel (9 mai 2018)
    • Collection : A.M.THRIL.POLAR
    • Langue : Français
    • ISBN-10: 2226436375
    • ISBN-13: 978-2226436375
    • Prix : 22,00€
  • eBook
    • Editeur : Albin Michel (9 mai 2018)
    • Collection : A.M.THRIL.POLAR
    • Langue : Français
    • EAN : 978-2226430366
    • Prix : 14,99€

Site Internet de l’auteur

www.patrickbauwen.com

Revues de presse

Dans quel éta-gère

Message de l’auteur à la suite de la lecture de ce billet

Au fait, juste pour info, ce n’est pas la croix de Cayeux sur Mer dont il est question dans le livre 😊 Les scènes se déroulent dans un lieu que je nomme La Pointe de Horda, qui est un lieu fictif, mais calqué sur La Pointe du Hourdel. Cela se trouve en face de Cayeux, de l’autre côté de la baie.

La croix est exactement comme je la décris. J’ai modifié d’autres éléments cependant (le nom du café par exemple) pour ne pas « stigmatiser » les habitants réels de cet endroit plein de charme. Mais si vous cherchez bien, vous trouverez le hangar, le café, le phare, la piste d’hélico.

Merci à lui d’avoir pris le temps de lire cette chronique et de m’avoir fourni ces précisions.

 
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Publié par le 2018/05/13 dans Policier, Thrillers

 

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Jose Rodrigues Dos Santos – Signe de vie

Jose Rodrigues Dos Santos – Signe de vie

Avec Signe de vie de Jose Rodrigues dos Dantos, j’entame la revue des livres que j’ai obtenus grâce à Masse Critique.

J.R. dos Santos n’est pas un inconnu de ce blog puisque, comme tous les français amateurs de litttérature, nous l’avions découvert au travers de son roman à succès La formule de Dieu en 2012 et de sa suite La clé de Salomon deux ans plus tard.

Alors est-ce qu’avec son dernier roman nous allons avoir une nouvelle étincelle de vie à ses romans d’aventure culturelle ?

Histoire

Sommes-nous vraiment seuls dans l’univers ?
Ce que la science a découvert.

Un observatoire astronomique capte une émission étrange venue de l’espace sur la fréquence de 1.42 GHz.

Un signe de vie.

Le gouvernement américain et l’ONU en sont immédiatement informés.

Un objet se dirige vers la terre.

La NASA prépare d’urgence une mission spéciale internationale pour aller à la rencontre du vaisseau inconnu. Tomás Noronha, le célèbre cryptanalyste, est recruté pour faire partie de l’équipe d’astronautes.

Ainsi commence une histoire à couper le souffle qui nous entraîne au cœur du plus grand mystère de l’univers.

Avis

J.R. dos Santos ne déroge pas à ses principes : fournir annuellement un gros pavé (presque 700 pages pour Signe de vie) mêlant aventure et intellect.

Cette fois-ci on abandonne les religions et la théologie (quoi que comme dit l’adage : chassez le naturel, il revient au galop) pour une approche beaucoup plus scientifique : l’origine de la vie. Aussi les deux premiers tiers du roman prend la forme d’échanges entre scientifiques et, ou, personnes cultivées sur les possibles origines de la vie et les théories permettant d’expliquer les signes de vie extra-terrestres. Si cette partie est très intéressante et que la vulgarisation des théories et concepts scientifiques parfaitement réalisée, il n’en est pas moins lassant que cela s’étire sur les 400 premières pages du roman. Par conséquent, il faudra attendre le dernier tiers du roman pour avoir un peu d’actions en propulsant le roman dans l’espace, ce qui paradoxalement donne une grande bouffée d’air au lecteur.

L’écriture, et donc la traduction, est toujours aussi impeccable et d’une grande fluidité; ce qui n’est pas chose aisée pour l’exposition des théories scientifiques. Aussi ne faut-il pas se laisser impressionner par l’épaisseur du livre, les pages défileront; quitte à ce que le lecteur lassé par la partie théorique la saute, quitte à y revenir un peu plus tard. Le scenario est habillement construit même si celui-ci est un peu trop linéaire à mon goût, sans grande surprise, même dans le final.

Le lecteur habitué aux romans de J.R. dos Santos retrouvera avec grande joie le héros favori de l’auteur, Tomás Noronha, de le voir plonger dans cette aventure et de suivre sa vie. On est cependant toujours un peu surpris de voir l’homme de connaissances en histoire et en cryptanalyse, être également à l’aise et aux faits des théories d’astronomie et de physique.

Le principal intérêt que j’ai vu à lire ce roman est la partie sur la préparation des hommes de l’espace. Bien que celle-ci soit partielle dans le contexte du livre, c’est avec plaisir que nous découvrons les protocoles, entraînements et autres modalités auxquels doivent se soumettre ces aventuriers de l’espace avant d’intégrer une mission. L’auteur dévoile avec grand humour certains aspects « techniques » sur les commodités sur lesquelles nous nous sommes toujours interrogé.

Enfin, nous ne pouvons que faire un rapprochement au dernier Dan Brown, Origine, qui traite sensiblement du même sujet : l’origine de la vie. Contrairement à ce dernier, Signe de vie est bien meilleur à de nombreux points de vue : la présentation des concepts scientifiques est bien plus accessibles et facilement illustrées pour leur compréhension, sans que l’on est l’impression lire une encyclopédie. L’aspect science-fiction est réduite à l’essentielle donnant à la fois plus de réalisme à l’histoire et facilitant le lecteur à se projeter dans celle-ci.

En conclusion, si ce n’est pas le thriller de l’été par son manque de suspense et de son poids difficile à trimballer sur les plages, Signe de vie est intéressant par l’aspect scientifique sur les origines de la vie qu’il nous présente.

Notation

Histoire
Écriture
Durée de lecture
Prix

Caractéristiques

  • Livre
    • Broché: 697 pages
    • Editeur : HC éditions (3 mai 2018)
    • Collection : ROMAN
    • Langue : Français
    • ISBN-10: 2357203749
    • ISBN-13: 978-2357203747
    • Prix : 22,00€
  • eBook
    • Editeur : HC éditions (3 mai 2018)
    • Collection : ROMAN
    • Langue : Français
    • ISBN-13: 978-2357203754
    • Prix : 14,99€

Revue de presse

Interview sur Euronews

Conférence ILCP : José Rodrigues Dos Santos nous parle de Signe de vie

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2 Commentaires

Publié par le 2018/05/09 dans Science-Fiction, Thrillers

 

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