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Archives Mensuelles: mai 2018

Jacques Saussey – 7/13

Jacques Saussey – 7/13

S’il est un auteur français de thriller que j’ai découvert avec grand plaisir depuis la création de ce blog, c’est bien Jacques Saussey.

Après Le loup peint, Ne prononcez jamais leurs noms (plus qu’excellent) et La pieuvre, je me lance dans la lecture de mon quatrième livre de cet auteur : 7/13.

Que peut-il bien se cacher derrière ce 7/13 si ce n’est une faute dans ma date anniversaire (9/13) ?

Résumé du livre

Hiver 2015. Durant l’absence prolongée des propriétaires, une villa de la banlieue parisienne est le théâtre d’un crime atroce. Lorsqu’il arrive sur les lieux, le capitaine Magne découvre avec effroi que le corps n’est plus reconnaissable. Pas de vêtements, pas de papiers : l’identification s’annonce compliquée. Décembre 1944. Londres. Un officier américain scrute avec inquiétude le brouillard qui plombe le ciel de l’Angleterre. Il projette de traverser la Manche au plus vite pour rejoindre la France où il doit préparer l’arrivée prochaine de ses hommes. Le mauvais temps s’éternise mais bientôt, une proposition inattendue va faire basculer son destin. Soixante-dix ans plus tard, elle confrontera les enquêteurs du quai des Orfèvres à l’un des mystères les plus stupéfiants qu’ils aient jamais rencontrés.

Extrait

14 mars 2015
  La maison est cossue. De type bourgeois, en forme de L, pierres de taille et allée pompeuse bordée d’arbustes coiffés au cordeau. Un terrain immense entretenu à grands frais, des fruitiers au fond, près de la rivière, des massifs de rosiers encore figés dans la fin de l’hiver, des crocus qui montrent le bout de la langue sous l’herbe pliée par la rosée.
  Près du bâtiment, une piscine couverte s’avance sur le gazon. Elle a été verrouillée pour la mauvaise saison. À travers la vitre salie par des fientes d’oiseaux et des feuilles mortes collées par l’humidité, j’aperçois l’eau qui a pris une vilaine couleur verdâtre.
– Venez, c’est par là.
  Le commandant Picaud me désigne la porte de la maison. Il m’explique qu’un serrurier l’a forcée deux heures auparavant pour conserver la scène de crime la plus intacte possible. Le meurtrier a fracturé une porte-fenêtre du salon. L’Identité judiciaire est en plein travail, mais ils devraient avoir fini leurs investigations d’ici quelques dizaines de minutes. Dans l’air frais de ce début de matinée, les croassements des corneilles se répercutent à l’infini entre les branches bourgeonnantes des peupliers.
  Il n’y a pas un bruit dans la rue, suffisamment éloignée de la bâtisse pour que personne n’ait pu y entendre le moindre cri. Et pourtant, de nombreux badauds se pressent contre la grille du parc que deux agents surveillent, l’oeil farouche.
Les regards des curieux alternent sans fin entre les hommes en blanc qui oeuvrent autour de la maison et le fourgon mortuaire qui attend dans l’allée que les techniciens du crime donnent au légiste l’autorisation d’enlever le corps.
– Je vous préviens, c’est moche.
  Je ne réponds pas. J’ai entendu ça des dizaines de fois. C’est comme une petite musique lancinante qui accompagne chaque découverte de cadavre. Car chaque mort est moche lorsque nous sommes conviés à en constater le terrible résultat, à appréhender la façon dont elle a fondu sur sa proie. Aucune de ces personnes n’a eu le temps de se préparer à ça, de donner une autre apparence à son visage que celle du vide qui a aspiré son âme et a abandonné son corps dans une posture souvent grotesque.
  Au moment où je pose le pied à l’intérieur de la maison, je comprends que non seulement ça va être moche, mais même très moche. L’odeur de putréfaction semble s’être imprégnée jusque dans les murs. Torrentin, le légiste qui attend patiemment l’heure d’intervenir en faisant les cent pas dans l’entrée, nous salue et me tend une boîte de pâte au camphre. J’hésite une seconde, mais me résous à m’en tartiner le dessus de la lèvre supérieure. La puanteur est intolérable.
– Elle a été assassinée il y a au moins huit ou dix jours, à vue de nez. Peut-être même un peu plus. Le chauffage était au maximum. La décomposition a été très rapide. Je vous en dirai davantage une fois que j’aurai réalisé l’autopsie.
  Je hoche la tête. Torrentin est un vieux de la vieille. Il connaît son boulot. J’observe le hall d’entrée, vaste et un peu tape-à-l’oeil, à l’instar du jardin. Marbre clair, statuettes pseudo-grecques prétentieuses qui ont dû coûter un bras chacune. Cette baraque respire l’argent à plein tube. Pas étonnant que ça ait créé des convoitises.
– Cette femme, elle habite ici ?
  Picaud s’approche du ruban que l’IJ a tendu en travers de l’entrée, entre le salon et ce qui doit être la cuisine.
– Non. D’après les voisins, la maison était vide. Les propriétaires sont en vacances au Mexique depuis trois semaines. On cherche actuellement à les joindre, mais le réceptionniste de leur hôtel, à Cancún, nous a indiqué qu’ils sont partis en excursion depuis hier. On devrait y parvenir dans la journée. C’est l’employé qui entretient le parc en leur absence qui a découvert l’effraction tôt ce matin, et le crime ensuite. Il a tout de suite prévenu les collègues du SRPJ de Versailles qui nous ont vite fait transmis l’affaire quand ils sont arrivés sur les lieux.
– Trop chaude pour eux ?
– Trop proche. Le type à qui appartient cette maison, Jean Coppard, est un seigneur local. Il emploie des centaines de personnes dans la région. Il dirige sa boîte d’une main de fer. Il est très influent, tant au niveau économique, social, que politique. Les pontes de Versailles ont demandé que la Crime s’en charge. Officiellement, ils sont débordés, mais nous savons tous que c’est pour délocaliser la bombe. C’est une affaire qui va faire du bruit, c’est certain. Tenez, regardez dehors, ça n’a pas été long avant qu’ils rappliquent, ceux-là.
  Je jette un coup d’oeil à travers la baie vitrée. Un camion bariolé s’est arrêté juste devant le portail, ses paraboles dressées vers le ciel. Je n’ai pas besoin de jumelles pour savoir que les caméras sont déjà braquées vers la Maison de la Mort, comme leurs journaux l’appelleront dès demain matin, et le JT pas plus tard que ce midi. Heureusement, le cadavre est à l’intérieur. Ça évitera les clichés de mauvais goût, du genre de ceux que va essayer de prendre ce type que je vois se plier en deux pour entrer dans la végétation dense du bois, du côté de la fenêtre fracturée. Un gros téléobjectif bat dans son dos au bout d’une sangle jaune fluo.
  Je fais un signe à Torrentin pour lui montrer le manège du paparazzi. Il comprend tout de suite. Il a l’habitude. Il nous quitte pour aller tendre un drap blanc devant l’issue par laquelle sera évacuée la morte.
  De la dignité. C’est tout ce qu’on peut lui offrir, à cette femme, désormais, avant son dernier trajet jusqu’à la table d’inox du légiste.
  Picaud est silencieux, lui aussi. Il me scrute d’un oeil inquisiteur. Oui, ça va. Ça va. On ne va pas y passer la journée, si ? Je sais ce qu’il rumine. Je lis ses pensées comme s’il était en train de les écrire au feutre sur le papier peint. Lisa vient juste de sortir de l’hôpital. Elle est rentrée à l’appartement. Une infirmière veille sur elle. Elle lui rend visite chaque matin, puis chaque après-midi, pour s’assurer que tout va bien. Elle est là tandis que moi je suis ailleurs, sur le terrain, pour ne plus croiser le regard absent de celle que j’aime et pour qui je suis aujourd’hui devenu transparent.
  Son ventre gardera à vie la cicatrice de la balle qui a tué notre enfant. Son esprit ne guérira jamais de cette blessure. L’homme responsable de ce crime abject n’est plus, mais son acte lui survivra jusqu’à ce que, tous les deux, nous ne soyons plus que poussière.
  Lisa commence tout juste à pouvoir se lever. Ses jambes la portent à peine. Elle n’est plus que l’ombre d’elle-même. J’ignore combien elle pèse aujourd’hui, mais je sais que ce n’est pas bon pour elle que ses os saillent comme ça de ses épaules. Une psychologue la voit toutes les semaines depuis qu’elle a repris connaissance. Il a fallu plus de quatre jours avant qu’elle accepte une autre alimentation que celle de la perfusion.
  Elle a vomi son premier repas. Puis le deuxième. Je sais qu’elle a failli renoncer, que c’est parce qu’elle m’a vu pleurer en la serrant dans mes bras qu’elle s’est accrochée.
  Nous y arriverons.
  Ensemble, nous y arriverons.
  Parce qu’il le faudra bien.
– Si ce n’est pas la propriétaire, qui est-elle ?
  Les yeux de Picaud clignent alors et son esprit quitte la salle d’opération où Lisa a failli mourir.
– Aucune indication pour l’instant. Les hommes de l’IJ n’ont pas trouvé de papiers ni d’objets qui lui auraient appartenu.
– Rien dans ses vêtements ? Son sac ?
  Picaud secoue la tête.
– Pas de vêtements, pas de sac.
  J’accuse le coup. Une femme inconnue, assassinée dans une maison qui n’est pas la sienne. Ses fringues disparues. Ça ressemble déjà à un meurtre soigneusement prémédité.
– Le type voulait qu’on ait du mal à l’identifier, dites donc.
  Le commandant me jette un nouveau regard trouble.
– Oui. Il a emporté absolument tout ce qui pouvait nous le permettre. C’est ça le problème…
  Son ton ne me dit rien qui vaille.
  C’est le moment que choisit l’un des techniciens de la mort pour venir à notre rencontre à travers le hall, en bas de l’escalier de marbre qui dessert la mezzanine. Ses semelles sont propres, mais des taches sombres maculent les surchaussures qu’il tient entre ses gants de latex à la couleur douteuse.
– C’est OK pour nous. Vous pouvez disposer du corps, doc.
  Torrentin acquiesce du menton.
– Vous voulez y jeter un oeil avant que je l’embarque, messieurs ?
  Je serre les dents et opine d’un coup en essayant d’oublier l’odeur qui se mélange au camphre en une mixture infâme qui torture mes narines. Picaud agit de même. Il est déjà blanc comme un spectre.
  Le légiste fait un pas en avant, se ravise et nous demande :
– J’ai oublié de vous poser la question… Vous avez déjeuné, ce matin ?

Avis

Je crois que j’ai publié ma critique avant de donner mon avis…. patientez encore quelques heures, il arrive 😉

Notation

Histoire
Ecriture
Durée de lecture
Prix

Caractéristiques :

  • Livre
    • Broché: 464 pages
    • Editeur : Editions Toucan (10 janvier 2018)
    • Collection : Toucan Noir
    • Langue : Français
    • ISBN-10: 2810008108
    • ISBN-13: 978-2810008100
    • Prix : 13,90€
  • eBook
    • Format : ePub
    • Editeur : Editions Toucan (10 janvier 2018)
    • Collection : Toucan Noir
    • Langue : Français
    • EAN : 978-2810008117
    • Prix : 9,99€
  • Livre Audio
    • Durée : 11 heures et 37 minutes
    • Editeur : Audible Studios
    • Date de publication : 13 mars 2018
    • Langue : Français
    • ASIN: B07B8KQXRG
    • Prix : 24,95€

Site internet de l’auteur

http://www.jacques-saussey.fr/

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Publié par le 2018/05/31 dans Policier, Thrillers

 

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Repartez avec 3 livres gratuits le 30 mai à la Boîte à lire éphémère (Lille) !

Repartez avec 3 livres gratuits le 30 mai à la Boîte à lire éphémère (Lille) !

Vous aimez lire ? Alors rendez-vous à la Boîte à lire éphémère qui sera installée au 99, rue des Jardins des Plantes à Lille (Nord) mercredi 30 mai 2018. Une initiative de RecycLivre pour fêter la Semaine du Développement durable.

De 14 h à 18 h, plus de 400 livres seront mis gratuitement à votre disposition. Des romans, livres pour enfants, et même des bandes dessinées : il y en aura pour tout le monde !

« Afin que tout le monde puisse profiter des ouvrages qui seront offerts, nous limiterons le don à trois livres par personne« , précisent les organisateurs.

RecycLivre est un site internet de vente de livres d’occasion original et solidaire. Depuis 2008, l’entreprise sociale et solidaire offre aux associations, aux collectivités, aux entreprises et aux particuliers un service gratuit de récupération de livres afin de leur donner une seconde vie.

« Les livres sont ensuite envoyés chez Ares Services. Ce dernier, emploie des personnes en difficulté et les accompagne pendant deux ans dans l’objectif d’un retour à l’emploi durable« .

Les livres sont ensuite vendus sur le web et 10 % du prix de vente net sont reversés à des associations caritatives.

Plus d’informations en cliquant sur ce lien.

 
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Publié par le 2018/05/29 dans Evénements

 

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Martin Winckler – Camisoles

Martin Winckler – Camisoles

Depuis ma rencontre avec Martin Wincker lors d’une séance de dédicaces à la librairie Lu&Cie de Suresnes, je ne m’étais pas penché sur un roman de cet auteur….. en fait depuis En souvenir d’André en 2012 qui m’avait empli d’émotion.

Mais ce ne sera pas celui que j’ai fait dédicacer que je vais lire, mais un de ceux que j’ai eu la chance de dégoter lors d’un vide-grenier : Camisoles.

Présenté comme étant la suite de Mort In Vitro, est-ce que cette histoire va nous rendre fou ?

Histoire

instaure une politique sécuritaire musclée. À Tourmens, grande ville de province, les personnages de Mort in Vitro – le précédent roman policier de Martin Winckler – sont confrontés à trois énigmes.

Le juge Watteau doit élucider de son fauteuil la mort suspecte d’un haut fonctionnaire de la santé ; sa mère, la respectable Claude de Lermignat soupçonne une psychiatre très médiatique d’avoir assassiné la présentatrice de Ça Nous Regarde !, envahissante émission de télé-réalité ; et le Dr Charly Lhombre, invité dans l’un des hôpitaux psychiatrique les plus secrets du pays, y découvre un gigantesque laboratoire expérimental.

Extrapolé à partir de la réalité sanitaire, politique et judiciaire d’aujourd’hui, Camisoles décrit un monde tout proche, où des multinationales sans scrupules manipulent politiciens, médias, psychiatres et cobayes humains pour mettre au point les camisoles de demain.

Extraits

L’ordre et la sécurité du monde

AFP – Lundi 3 Juin 2007

Sécurité publique : la politique musclée du nouveau gouvernement

Au cours d’une allocution à la presse ce matin, le porte-parole de l’Elysée a annoncé que le Président de la République avait tenu vendredi dernier un conseil restreint avec le premier ministre, le ministre de l’Intérieur et le Garde des Sceaux désignés depuis son élection. Le Chef de l’Etat leur a demandé de renforcer les mesures de sécurité intérieure dont il avait fait son cheval de bataille tout au long de la campagne présidentielle.

« Résolu à lutter contre la criminalité et le désordre public, qui n’ont cessé de croître au cours du précédent quiquennat », a déclaré en particulier le porte-parole de l’Elysée, « le Président a chargé le Premier ministre, le ministre de l’Intérieur et le Garde des Sceaux de mettre en œuvre sans tarder une réforme des forces de l’ordre et de la justice.

Rappelons que, fort de l’écrasante majorité dont il dispose à L’Assemblée nationale (460 députés sur 577 sièges), le président a fait voter le mois dernier par le Parlement un projet de loi autorisant le gouvernement à légiferer par voie d’ordonnances dans le domaine de la sécurité. De ce fait, les ministres concernés pourront mettre en œuvre très rapidement les réformes promises lors de la précédente campagne présidentielle.

Parmi ces engagements figuraient plusieurs propositions choc vivement contestées par l’opposition d’alors – mais aussi par la majorité sortante : formation accélérée (six mois intensifs) de 40 000 nouveaux gardiens de la paix, 10 000 inspecteurs de police, 5000 CRS ; transformation rapide d’anciens bâtiments publics desaffectés (mairies, hôpitaux, écoles) en maisons d’arrêt d’urgence sécurisées au sein de quartiers « chauds » ; création d’une procédure de jugement ultra-rapide pour les flagrants délits devant des magistrats spécialement nommés dans les locaux des postes de police et les gendarmeries, afin de décharger les palais de justice très encombrés ; accélération de la nomination de juges de première instance et de juges d’instruction, qui seraient des volontaires recrutés sur dossier parmi les fonctionnaires des administrations territoriales, spécialement formés sur le terrain aux côtés de magistrats déjà en exercice – sans passer par les concours de la magistrature ; extension des pouvoirs d’investigation des juges d’instruction qui, rebaptisés « Magistrat Investigateur », se verraient habilités à se rendre sur le terrain et à diriger les enquêtes et les interventions des forces de l’ordre…

Deux autres projets de loi visant à autoriser le gouvernement à légiférer par ordonnances ont de plus été déposés ces jours-ci devant le Parlement. Le premier concerne le système de santé et la gestion des hôpitaux ; le second, le contrôle d’informations confidentielles avant leur divulgation par les médias.

« Pour le Président et son gouvernement », a précisé le porte-parole, « la multiplication des attentats terroristes en Europe justifie que les médias, publics ou privés, soient supervisés de très près afin de ne pas favoriser par leur contenu la sympathie envers les entreprises terroristes. Le fait que la France n’ait pas, jusqu’ici, été touchée par le terrorisme international ne signifie en aucune manière qu’elle n’est pas menacée. Il appartient au nouveau gouvernement de la protéger de cette menace.

Sans restreindre la liberté de la presse indispensable au fonctionnement de notre démocratie, le gouvernement entend mettre sur pied avec les médias une charte indiquant sous quelles conditions la divulgation de certaines informations « sensibles » pourrait être reportée à la demande des pouvoirs publics.

AFP – Paris, Mardi 4 juin 2007

Délinquants sexuels : le nouveau gouvernement durcit sa position

Dans le cadre de sa politique de sécurité publique, le nouveau gouvernement a décidé de durcir les peines infligées aux délinquants sexuels, tout particulièrement les pédophiles, et consistant à leur administrer, dans des centres spécialisés, les médicaments destinés à empêcher une récidive. Des expérimentations avaient été, rappelons-le, mises en place avec l’autorisation de Dominique Perben, alors ministre de la Justice, au début de l’année 2005.

À l’époque, 22% des détenus étaient incarcérés pour des infractions sexuelles, dont les trois quarts pour des viols sur mineurs. Aujourd’hui, on estime que la proportion approche les 30 %. Les expérimentations mises en œuvre pendant les deux années écoulées s’étant révélées concluantes, le nouveau gouvernement a décidé d’imposer ce traitement à tout condamné pour infraction sexuelle.

Le traitement n’étant pas irréversible, le gouvernement a chargé une commission spéciale comprenant des médecins, des chercheurs, des magistrats et des membres de l’industrie pharmaceutique de déterminer les procédures thérapeutiques appropriées qui assureraient la prise du traitement par les délinquants à la fin de leur incarcération, et dès leur mise en liberté sur parole.

Les détenus qui accepteraient de subir un contrôle régulier et permanent par tous moyens médicaux ou informatiques pourraient bénéficier d’une libération anticipée. « Bien entendu, a déclaré le Garde des Sceaux, les anciens délinquants sexuels qui recevront ce type de traitement devront « très probablement » prendre ces médicaments toute leur vie, à moins que la recherche ne permette de trouver des produits « plus pointus » et « plus efficaces ».

En 2005, le prédécesseur de l’actuel Garde des Sceaux avait déclaré que le gouvernement réfléchissait à la création d’établissements, intermédiaires entre l’hôpital psychiatrique et la prison, où seraient enfermés des criminels jugés dangereux à l’issue de leur peine. L’actuel gouvernement a décidé de mettre cette proposition en application. La possibilité de légiférer par ordonnance va certainement lui faciliter la tâche.

Avis

Comme à chaque fois Martin Winckler par le biais d’un roman policier cherche à dénoncer les dérives du monde médical dans les pays occidentaux et plus particulièrement la France. Mais cette fois-ci, si le roman date de 2008, je le trouve particulièrement d’actualité.

Tout d’abord en introduction du roman, l’auteur positionne la France au lendemain d’un mouvement politique qui a mis en place un président avec une majorité forte à l’Assemblée Nationale; la castration chimique pour les auteurs de délits sexuels, ou encore les scandales sanitaires en démontrant les méthodologies des études « scientifiques » pour constituer le dossier destiné à la mise sur le marché d’un médicament.

Heureusement pour les amateurs de romans policier, Martin Winckler nous offre une histoire intelligente, drôle, à la limite de parodier des classiques du genre. Si l’on retrouve bien le juge Watteau et le médecin légiste Charly Lhombre, les principaux personnages de Mort In Vitro, Camisoles est un roman autonome et ne tire pas de lien avec son prédécesseur.  On notera au passage quelques clins d’œil à Bruno Sachs.

Même si ce roman n’offre pas l’énigme la plus inextricable, on passe un bon moment à le lire. Le style de Martin Winckler est impeccable, fluide et agréable.

Notation

Histoire
Écriture
Durée de lecture
Prix

Caractéristiques

  • Livre
    • Broché: 288 pages
    • Editeur : Fleuve éditions (12 janvier 2006)
    • Langue : Français
    • ISBN-10: 226507974X
    • ISBN-13: 978-2265079748
    • Prix : ??
  • Poche
    • Poche: 281 pages
    • Editeur : POCKET (8 novembre 2007)
    • Collection : Policier / thriller
    • Langue : Français
    • ISBN-10: 2266152777
    • ISBN-13: 978-2266152778
    • Prix : 6,20€

Site Internet de l’auteur

https://www.martinwinckler.com/

Revue de presse

Un jour, un livre : Dans une bibliothèque de la Cité Internationale Universitaire, dans le 14ème arrondissement de Paris, Olivier BARROT interroge Martin Winckler sur son roman policier « Camisoles ».

https://player.ina.fr/player/embed/3037936001/1/1b0bd203fbcd702f9bc9b10ac3d0fc21/460/259/1

 
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Publié par le 2018/05/26 dans Policier, Uncategorized

 

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Dédicace de Nicolas Beuglet aux Cyclades à Saint-Cloud

Dédicace de Nicolas Beuglet aux Cyclades à Saint-Cloud

J’ai eu la chance aujourd’hui de rencontrer Nicolas Beuglet, l’auteur du Cri (un des meilleurs romans que j’ai lu en 2016), à l’occasion de la sortie de son nouveau roman Le complot, à l’occasion d’une séance dédicace organisée par la librairie Les cyclades de Saint-Cloud.

L’auteur nous a fait part de ses plaisirs dans la rédaction d’un roman, dont sa méthode de travail.

Ainsi il doit avoir la « petite étincelle de la fin de l’histoire » avant de se lancer dans l’écriture. Enfin en ancien journaliste il apprécie particulièrement de fouiller le domaine dans lequel évolue l’intrigue, mais sans aller au bout de la recherche pour laisser une part à l’imagination.

On découvre également un homme plein d’humanité, il est famille d’accueil de chiens pour aveugle (on voit sur la photo sa dernière pensionnaire); et bourré d’humour. D’ailleurs je n’ai pu résister à lui demander si le fait de s’appeler Beuglet, le choix du titre de son précédent roman avait été volontaires. En fait, il n’en est pas à l’origine et n’a remarqué ce point que tardivement.

Enfin, il prend le temps de connaître son lectorat afin de personnaliser la dédicace. Je tiens à le remercier pour la mienne.

Je pense que ce fut pour lui une séance particulière, originale, car il a ainsi dédicacé la couverture (physique) de protection d’une liseuse, mais aussi découvert son plus jeune lecteur : 13 ans et demi (un futur Mordus de thrillers).

Bref, si un jour Nicolas Beuglet passe près de chez vous pour une séance dédicace, foncez y; et puis si vous ne connaissez pas encore ses romans, il faut absolument rattraper votre retard.

Retrouvez Nicolas Beuglet sur sa page FB.

Si vous souhaitez bénéficier des conseils de Jérôme (pas moi) aux Cyclades, vous pouvez aller :

 
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Publié par le 2018/05/26 dans Evénements

 

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Que se passent-ils avec les derniers firmwares de Kobo ?

Que se passent-ils avec les derniers firmwares de Kobo ?

Je cherche à savoir si parmi mes chers lecteurs certains auraient tout comme moi une Kobo H2o de première génération.

Depuis les derniers firmwares (le dernier étant le 4.8.11073), j’ai constaté de bien étranges et désagréables bugs dans la pagination.

Parmi ces défauts (vous pouvez en voir dans les images ci-dessous) :

  • Des sauts de page inopinés à mi-écran,
  • Des sauts de page à mi-hauteur de phrase,
  • La disparition du texte lorsque l’on ferme la fenêtre de réglage du texte,
  • La nécessité de « cliquer » des dizaines de fois pour passer au chapitre suivant.

Je précise que j’ai activé ici l’option pleine page, mais que j’avais déjà ces problèmes sans cette option.

Par contre j’avoue avoir apprécié quelques nouveautés :

  • Une meilleure réaction au réglage de la luminosité, et quel que soit l’endroit (menu ou livre),
  • L’affichage de la série et du numéro du livre dans cette série dans le parcours de la bibliothèque.

Bref, la lecture devient pénible, je me demande si je ne vais pas revenir à une ancienne version.

 
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Publié par le 2018/05/25 dans Critiques en ligne, Liseuses

 

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De nombreuses disparitions

De nombreuses disparitions

Ces derniers jours, nous avons a déploré la disparition de plusieurs grands auteurs. Nous leur rendons hommage ici.

Fred Kassak

L’écrivain et scénariste Fred Kassak, connu notamment comme scénariste de la populaire série télévisée « Les cinq dernières minutes », est mort à l’âge de 90 ans.

Tom Wolfe

L’écrivain américain Tom Wolfe, père du Nouveau Journalisme, est mort le 14 mai à 88 ans à New York. Avec lui, c’est tout un pan de l’histoire littéraire US qui disparaît.

Philippe Roth

Géant de la littérature américaine et mondiale, Philippe Roth est mort mardi à l’âge de 85 ans, six ans après avoir arrêté officiellement l’écriture et sans jamais avoir obtenu le Prix Nobel pour lequel il avait été si souvent cité.

Jean-François Parot

Jean-François Parot, dont les romans policiers nous plongeaient au XVIIIe siècle, est décédé à l’âge de 71 ans. L’écrivain, qui avait aussi fait carrière dans la diplomatie, habitait le château de la Bretesche, à Missillac en Loire-Atlantique.

Mise à jour le 28 mai (malheureusement).

Pierre Bellemare

Grand nom de la radio et de la télévision, le journaliste Pierre Bellemare est mort à l’âge de 88 ans, ce samedi 26 mai 2018.

Je me souviendrais avant tout de Pierre Bellemare comme d’une madeleine de Proust. Alors que nous écoutions toute l’année RTL, lorsque nous allions aux sports d’hiver, seul Europe 1 était disponible. Nous écoutions alors les récits glaçants contés par Pierre Bellemare.

 
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Publié par le 2018/05/24 dans Evénements

 

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Lire avec JR : posez avec votre livre préféré !

Lire avec JR : posez avec votre livre préféré !

À l’occasion du Pari des Libraires, le 8 juin prochain, la Librairie du Parc / Actes Sud participe au projet Inside Out de l’artiste street art JR, et convie petits et grands à une séance photo : faites-vous tirer le portrait avec votre livre préféré dans les mains !

Les photographies seront ensuite affichées dans Paris.

Pour en savoir plus sur le projet Inside Out : http://www.insideoutproject.net/fr

Les enfants seront également à l’honneur : en vitrine, la librairie présente les coups de cœur et conseils d’une classe de maternelle du quartier !

 
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Publié par le 2018/05/24 dans Evénements

 

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