Nadine Matheson – L’équarrisseur

Lorsque des morceaux de cadavres sont retrouvés sur les rives de la Tamise, l’inspectrice Anjelica Henley pense immédiatement à Peter Olivier, alias l’Equarrisseur, emprisonné à vie pour avoir démembré ses sept victimes. Elle l’a elle-même mis derrière les barreaux et en a payé le prix : poignardée, elle a failli y laisser la vie et a passé de longs mois ennuyeux derrière un bureau.

De nouveau sur le terrain, elle cherche à retrouver ce copycat dont les motivations sont opaques. Et le choix des victimes, incompréhensible.

Mais rapidement, Henley comprend que ce tueur lui adresse des messages tout à fait personnels.

Pour l’arrêter, Henley doit affronter ses propres démons et revivre en plus intense ce qu’elle a déjà éprouvé avec l’Equarrisseur.

Extrait

6 h 44, Greenwich Pier, à marée basse. Maxwell Perkins, qui promène sa chienne au bord du fleuve, ne s’attend pas à trouver des morceaux de cadavre. Évitant bouts de bois et pneus de voiture abandonnés, il marche sur une argile grise semée de galets humides et d’éclats de verre. Au moment où il délivre de sa laisse la chienne, Petra, le soleil se reflète sur un objet posé par terre. Perkins se penche pour s’en emparer avec précaution. Hier, il a trouvé une escarboucle médiévale et une pièce radiée romaine. Aujourd’hui, hélas !, ce ne sont que les maillons d’une chaîne de bonde arrachée à une baignoire. Il se redresse, déçu, et surprend alors sa chienne à renifler quelque chose au milieu de la boue. C’est la fin de l’été. La vague de chaleur n’est pas terminée et la température monte rapidement dès le petit matin. Le tee-shirt collé aux bourrelets de graisse de son ventre, Maxwell se remet en marche en essuyant la sueur qui perle sur son front. À 6 h 48, il rejoint sa chienne et voit ce qui a attiré son attention.

– Oh, nom de Dieu !

Il tire Petra par son collier. L’adrénaline jaillit dans tout son corps et son pouls résonne à ses oreilles. La même sensation qu’hier en découvrant la pièce

radiée romaine : curiosité et excitation – qui disparaissent vite, cependant, pour céder la place au dégoût, à la peur et à la nausée. Il s’empare de son téléphone portable mais sa main tremble et l’appareil tombe au milieu des galets humides. Perkins le ramasse, essuie l’écran sur son jean et vérifie la propreté de l’objectif.

Puis il prend une photo du bras coupé.

Avis

Si le style est encore un peu hésitant ou soumis aux facilités du genre, ce premier roman de Nadine Matheson (qui inaugure une série) est très agréable à lire. Sa fluidité et son humour en font la grande force de ce roman, les personnages sont sympathiques, attachants et complémentaires, mais ils sont trop ancrés dans le cliché : la flic qui a vécu une expérience terrible lors de sa précédente enquête, le jeune intelligent mais qui cache un lourd secret.

Cependant l’auteur se rattrape bien au niveau de l’histoire. Sans vouloir divulgâcher le roman, j’ai beaucoup aimé l’originalité de cette histoire de ce copycat et de ses relations avec son mentor, à l’encontre de ce que l’on trouve d’habitude. Rien que pour cela ce livre vaut le coup d’être lu. Il y a un peu de 10 petits nègres d’Agatha Christie ou d’Arsène Lupin luttant face à Moriarti  dans ce livre. Une version moderne de classiques des Reines du Crime un peu plus sanglante.

Si L’équarrisseur n’est pas le roman qui ne tiendra pas éveiller toute la nuit les lecteurs les plus aguerris de thrillers, il sera quand même un bon partenaire de lecture.

Notation

Histoire
Personnages
Rythme
Énigme
Écriture
Durée de lecture
Prix

Caractéristiques :

  • Livre
    • Broché ‏ : ‎ 528 pages
    • Éditeur ‏ : ‎ Le Seuil (7 octobre 2021)
    • Langue ‏ : ‎ Français
    • ISBN-10 ‏ : ‎ 2021434451
    • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2021434453
    • Prix : 21,90€
  • eBook
    • Taille du fichier ‏ : ‎ 2675 ko
    • Éditeur ‏ : ‎ Seuil (7 octobre 2021)
    • Langue ‏ : ‎ Français
    • EAN : 978-2021434460
    • Prix : 15,99€

Revue de presse

« Grangé frappe un grand coup. », Bernard Lehut, RTL

« Le nouveau Grangé tient toutes ses promesses. […] Un récit très addictif. », 20 minutes

« Une intrigue savamment corsée qui balade et chamboule.« , Lire-Le Magazine Littéraire

« Une véritable prouesse littéraire. », Le Figaro Magazine

« …l’auteur des Rivières pourpres nous mène au cœur du Berlin nazi, dans un voyage au bout de la nuit aussi exaltant qu’effroyable« , L’Express


Merci à Babelio et son opération Masse Critique et les éditions du Seuil pour l’exemplaire qu’ils m’ont offert.

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