Ingrid Astier – Haute voltige

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Après Quai des enfers distingué en 2010 par le Grand Prix Paul-Féval de la Société des gens de lettres, et Angle mort, un western urbain « inoubliable, mariage du polar et de la grande littérature » selon Philippe Vallet (France Info), Ingrid Astier nous livre avec Haute Voltige un récit romantique, fiévreux et épique, dans lequel le roman policier croise le roman d’aventures.

Telle est la promesse faite par le service commercial de Gallimard. N’ayant lu aucun de ses romans, je vais me lancer avec son dernier roman qui me paraît très prometteur. Attiré également par le fait que le principal de l’histoire se déroule sur Paris et la région parisienne.

Alors est-ce que cette Haute voltige va nous priver d’air ou au contraire nous filer un mal au cœur au point de regretter de vous l’avoir conseillé en mars dernier ?

Résumé du livre

«Combien d’apocalypses peut-on porter en soi?»
Aux abords de Paris, le convoi d’un riche Saoudien file dans la nuit. Survient une attaque sans précédent, digne des plus belles équipes. «Du grand albatros» pour le commandant Suarez et ses hommes de la brigade de répression du banditisme, stupéfaits par l’envergure de l’affaire. De quoi les détourner un temps de leur obsession du Gecko – une légende vivante qui se promène sur les toits de Paris, l’or aux doigts, comme si c’était chez lui, du dôme de l’Institut de France à l’église Saint-Eustache…
Derrière l’attaque sanglante, quel cerveau se cache? Le butin le plus précieux du convoi n’est pourtant ni l’argent ni les diamants. Mais une femme, Ylana, aussi belle qu’égarée. Ranko est un solitaire endurci, à l’incroyable volonté. Mais aussi un homme à vif, atteint par l’histoire de l’ex-Yougoslavie. L’attaque du convoi les réunit. Le destin de Ranko vient irrémédiablement de tourner. Son oncle, Astrakan, scelle ce destin en lui offrant un jeu d’échecs. Le jeu de Svetozar Gligoric, le grand maître qui taillait ses pièces dans des bouchons de vin. Et lui demande de se battre – à la boxe et aux échecs, pour infiltrer le monde de l’art et dérober ses plus belles œuvres à Enki Bilal, le célèbre artiste. La guerre et l’amour planent comme des vautours.
De la police, d’une femme ou du destin, qui est capable de faire chuter Ranko?

Avis

On pourrait dire que Haute voltige n’a rien de fondamentalement original : des vols, une guerre de gangs, des trahisons et des vengeances; mais c’est sans compter sur leur mise en scène des méfaits, les moyens utilisés, les spécialités des malfaiteurs : parkour, boxe et échecs.

La grande force de ce roman est la manière avec laquelle l’auteure arrive à projeter son lecteur dans l’aventure : des mots simples, une description courte, juste et imagée, pour transmettre l’ambiance, l’atmosphère de la vie parisienne, de l’univers des brigades policières. L’auteure pousse le vice à recourir à des éléments réels : une grande précision dans les lieux géographiques mentionnés (je peux vous confirmer que le tunnel de Saint Cloud dont il est question en début de roman est exactement comme tel), l’amorce du roman rappelant un fait divers, et fin la participation (autorisée ?) d’un personnage réel (Enki Bilal) donnent une autre dimension; une certaine authenticité au récit.

Si au début du roman je trouvais l’écriture hachée sur laquelle on bloque et nous empêche de progresser à un rythme régulier et agréable dans l’histoire, dès le premier tiers franchi, l’écriture s’affine, se fluidifie et on peut enfin plonger dans l’aventure. Elle devient même efficace. Si le roman ne s’inscrit pas vraiment dans les pages turn, l’auteure introduit régulièrement de nouveaux éléments pour relancer l’histoire. Son aventure mêle plusieurs domaines originaux (parkour, dessin artistique, chess-boxing) dévoilés tout au long des 600 pages que forment ce livre.

Pour supporter l’histoire, l’auteure utilise de nombreux personnages tous plus travaillés, ciselés, les uns que les autres. Si le chef mafieux peut être un peu cliché, j’ai particulièrement apprécié les personnages des flics : des hommes investis, passionnés, entêtés, mais qui ont également une vie de famille (difficile) et des relations professionnelles complexes avec leur hiérarchie.

Un livre très plaisant à lire, à la fois classique mais original, qui me donne envie de connaître un peu plus cette auteure.

Notation

Histoire
Ecriture
Durée de lecture
Prix

Caractéristiques :

  • Livre
    • Broché: 608 pages
    • Editeur : Gallimard (9 mars 2017)
    • Collection : Série noire
    • Langue : Français
    • ISBN-10: 2070147932
    • ISBN-13: 978-2070147939
    • Prix : 21,00€
  • eBook
    • Editeur : Gallimard (9 mars 2017)
    • Collection : Série noire
    • Langue : Français
    • EAN : 978-2072585036
    • Prix : 20,00€

Revue de presse :

France Culture, Jeudi polar dans le Réveil culturel

Site Internet de l’auteur :

http://www.ingridastier.com

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