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Maxime Chattam – Les abysses du temps – Tome 2 – Le requiem des abysses

Maxime Chattam – Les abysses du temps – Tome 2 – Le requiem des abysses

Je poursuis inlassablement les critiques de mes lectures estivales…. j’essaie de le faire au plus vite, car à présent ce sont les livres de la rentrée qui commencent à s’accumuler.

Après le premier tome Léviatemps du diptyque , nous embryons avec le second (et donc dernier) tome Le requiem des abysses.

Si le premier tome nous avait par l’ambiance du Paris des années 1900 et du Paris en pleine exposition internationale, est-ce que Maxime Chattam va trouver un nouvel axe pour nous tenir en halène ?

Résumé du livre

Pour oublier le criminel qui a terrorisé Paris lors de l’Exposition Universelle de 1900 et se remettre de leurs aventures, l’écrivain Guy de Timée et Faustine, la belle catin, se sont réfugiés au château d’Elseneur dans le Vexin. Mais là, dans une ferme isolée, une famille est assassinée selon une mise en scène macabre, alors que l’ombre d’une créature étrange rode dans les champs environnants… Guy, dans sa soif de comprendre le Mal, de le définir dans ses romans, replonge dans ses vieux démons, endossant à nouveau ce rôle de criminologue, qui le conduit peu à peu, comme un profiler avant la lettre, à dresser le portrait du monstre. Pendant ce temps, à Paris, les momies se réveillent, les médiums périssent étrangement et les rumeurs les plus folles se répandent dans les cercles occultes…

Extrait

Paris, début juillet 1900

La lune épousait la bestialité.
Et de cette union naquit la sauvagerie.
Le voile oblique traversait la haute fenêtre et posait un suaire d’argent scintillant sur la gueule béante qui surgissait d’un mur.
Les crocs rutilants jaillissaient entre les poils, saisissant la nuit comme un morceau de viande. Les pupilles allongées buvaient toute la pièce, les paupières écartées, comme si les yeux s’apprêtaient à sortir de leurs orbites, emportés par la rage.
La pleine lune pénétrait la longue salle d’exposition et irradiait sur la tête empaillée du loup, faisant frissonner Jacques.
Le gardien du musée abandonna dans son sillage un profond soupir.
Il n’aimait pas ce trophée, il le trouvait violent.
Et puis il n’avait pas sa place ici, dans un établissement noble.
Le loup était un animal cruel. Un prédateur.
Un chasseur sanguinaire qui hantait le folklore populaire depuis toujours, pour terroriser les gens.
Ce n’était pas une simple bête sauvage, c’était un monstre.
Jacques ne comprenait décidément pas ce qu’il faisait là, au milieu des tapisseries anciennes, des armures chargées d’histoire, des vitrines d’armes médiévales et des vieux grimoires aux couvertures craquelantes.
Et puis cette lune qui le caressait, c’était obscène.
Jacques enfonça un pouce sous sa ceinture de cuir et, de son autre main, leva un peu plus sa lampe à huile.
Le halo de la flamme orange réchauffait les présentoirs, son reflet dansait sur le verre des casiers, fugace et transparent comme un fantôme.
Comme le souvenir des vies incarnées par tous ces objets. Huit ans qu’il travaillait au musée de Cluny, la nuit essentiellement.
À surveiller ces collections, ces souvenirs de la civilisation. Pour l’intellectuel, ils avaient une valeur inestimable, pour le visiteur, un intérêt probable, mais sur un plan purement mercantile, Jacques se demandait encore, huit ans plus tard, pourquoi il fallait un gardien la nuit pour tout ce bric-à-brac poussiéreux et encombrant.
Personne ne viendrait jamais voler quoi que ce soit.
Ce n’était pas le musée du Louvre ici, il n’y avait pas d’œuvres d’art qu’un riche excentrique aurait pu monnayer une petite fortune, aucun bijou antique que des receleurs sans scrupules pourraient fondre et revendre au poids de l’or. Rien de valeur.

Avis

Dans ce livre, le héros abandonne temporairement la folie de la vie parisienne, pour la campagne. Je laisse le lecteur découvrir le lieu de cette campagne, et pour les non-parisiens, je ne peux que vous conseiller de vous armer d’une carte de (l’ile de) France pour positionner cette ville ce village dans lequel reprend l’histoire. Encore emprunts de superstition, tradition et religion, les paysans doivent faire face à des événements monstrueux que même des contemporains ne sont pas préparés à rencontrer.

Bien sûr, rebondissements, indices et amours alternent l’histoire qui n’est jamais lassante et ne tourne jamais au ralenti malgré ces quintuple centaines de page.

Enfin, vous pourrez mener l’enquête, deviner qui se cache derrière tous ces meurtres. Donc aux amateurs de lecture à énigmes, l’auteur vous donne tous les éléments. Je vais vous faire une confidence : en lisant le premier tome, j’étais arrivé à découvrir l’auteur des méfaits du second livre. Car vous vous en doutez bien, le tome 2 étant la poursuite du tome 1, il y avait de fortes chances pour que le vrai meurtrier ne fut pas arrêté alors. Cela m’a rassuré de voir que mes déductions étaient les bonnes et que je ne m’étais pas fourvoyé dans une mauvaise piste.

Bien sûr, tout comme le premier tome, et comme pour tous les livres de Maxim Chattam, l’écriture est impeccable, fluide. C’est un véritable plaisir pour le lecteur qui se projettera très rapidement dans cet univers particulier du début du siècle dernier.

Notation

Histoire
Ecriture
Durée de lecture
Prix

Caractéristiques :

  • Livre
    • Broché: 454 pages
    • Editeur : Editions Albin Michel (4 mai 2011)
    • Collection : LITT.GENERALE
    • Langue : Français
    • ISBN-10: 2226221417
    • ISBN-13: 978-2226221414
    • Prix : 22,30€
  • Format poche
    • Poche: 576 pages
    • Editeur : Pocket (7 mai 2013)
    • Collection : Pocket
    • Langue : Français
    • ISBN-10: 2266207058
    • ISBN-13: 978-2266207058
    • Prix : 8,50€
  • eBook
    • Format : ePub
    • Editeur : Albin Michel (4 mai 2011)
    • Langue : Français
    • EAN : 978-2226237545
    • Prix : 9,99€
  • Livre audio
    • Durée : 13 heures et 50 minutes
    • Editeur : Audiolib
    • Date de publication : 15 décembre 2011
    • Langue : Français
    • ASIN: B01CUY98I8
    • Prix : 20,70€ (ndlr. tout comme le prix des CD, le prix des livres audio n’est pas unique)

Site FB de l’auteur

http://www.facebook.com/pages/Maxime-Chattam-Officiel/

Revue de presse

« C’est une question d’arithmétique, un Chattam ne vient jamais seul. À 35 ans, après treize romans dont trois trilogies, voici le quatorzième, Le requiem des abysses…
Surprenant. Parce qu’il est gonflé, Maxime, de s’être attaqué à un thriller gothico-historique alors qu’il sait que son public l’attend ailleurs…
Drôle de double que ce romancier (Guy, Maxime ?) qui échafaude des théories pour dénouer des énigmes et traquer le mal. Il file la piste d’un tueur en série comme on construirait un thriller !…L’intrigue telle qu’elle se terminait connaît un revers inattendu. Chattam nous aurait-il roulés ? Eh bien, oui, et Guy avec nous, mais on n’en dit pas plus. » — Julie Malaure – Le Point du 23 juin 2011 )

 
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Publié par le 2016/10/01 dans Policier

 

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Maxime Chattam – Les abysses du temps – Tome 1 – Léviatemps

Maxime Chattam – Les abysses du temps – Tome 1 – Léviatemps

Je poursuis la revue de mes lectures estivales, en espérant que j’arrive à rattraper mon retard d’ici les prochaines vacances sujettes à de nouvelles et nombreuses lectures.

Ce livre de Maxime Chattam, Léviatemps, est le premier d’un diptyque Les abysses du temps. Cette petite série partage le désir de l’auteur de poser son aventure dans le Paris du début du siècle dernier.

Alors allons-nous passer du bon temps en lisant ce Léviatemps ?

Résumé du livre

Paris, 1900. Guy de Timée, romancier à succès, vit pourtant dans les combles grinçants d’une maison close. Du jour au lendemain, il a tout plaqué. Femme, enfant, amis, réussite, il n’a plus supporté la pression, celle de réussir par tous les moyens, celle d’écrire ce qu’on attend de lui. Il a décidé de se lancer dans un roman policier qui plonge dans les bas-fonds de la civilisation, de ce Paris que le monde entier admire. Il veut être confronté au sang et à la violence. A la mort, qu’il appelle de tout son être. Elle va surgir au milieu de la nuit en la personne de Milaine, jeune prostituée du lupanar, assassinée dans des circonstances particulièrement étranges. Et si elle n’était pas la première ? Qui rode dans les rues de la capitale, dans l’ombre de l’Exposition Universelle ? Quel est le sombre dessein de ce tueur de femme, qui ne laissera bientôt derrière lui que des costumes de peau ? En compagnie de la mystérieuse Faustine, de l’inspecteur Perotti et d’Yoshito, un Japonais impressionnant, sumo déshonoré, Guy va tenter de le découvrir…Des cercles ésotériques de Paris aux merveilles de l’Exposition universelle, ils vont peu à peu mettre à jour un terrifiant secret, celui qui fascine tout homme depuis la naissance de la civilisation : le contrôle du temps.

 

Avis

Cela faisait un moment que j’avais envie de lire ce livre. Depuis que j’avais vu la version poche en édition limitée, regroupant les deux tomes du diptyque séparés par des photographies du Paris du début du XXème siècle, je m’étais dit qu’il fallait que je l’inscrive dans mes lectures estivales.

Chose dite, chose faite cet été.

Je ne peux que conseiller aux futurs lecteurs de prévoir du temps pour se consacrer à ces romans, car ils font leur poids sur la balance: et une fois lancé dans leur lecture, vous ne pourrez pas les lâcher. Maxime Chattam a eu la bonne idée de reprendre les méthodes des thrillers en les confrontant aux contraintes de l’époque : la médecine légale et la police scientifique balbutiantes, les modes oubliées (les maisons de joie), la vitesse du monde (le métro vient d’être inauguré).

Et une fois n’est pas coutume, un personnage original s’impose dans cette histoire : Paris; la ville lumière du début du siècle; celui que plus personne ne connaît : la mégalopole n’existe pas encore, les quartiers de Bellevile sont des bidonvilles malfamés où la lie de la société sévit.

L’auteur prend également un malin plaisir à reprendre les caractéristiques du roman policier du temps de Sir Arthur Conan Doyle mais dans un rythme de page turn : enquêteur faisant travailler ses petites cellules grises affublé de plusieurs assistants aux personnalités variées mais complémentaires, enquête de voisinage, documentation, mais avec des meurtres habilement disposées qui donnent régulièrement un petit coup de fouet à l’histoire.

 Un bon moment de lecture qui dépaysera même les parisiens endurcis.

Notation

Histoire
Ecriture
Durée de lecture
Prix

Caractéristiques :

  • Livre
    • Broché: 443 pages
    • Editeur : Editions Albin Michel (29 septembre 2010)
    • Collection : LITT.GENERALE
    • Langue : Français
    • ISBN-10: 2226215301
    • ISBN-13: 978-2226215307
    • Prix : 22,30€
  • Format poche
    • Poche: 576 pages
    • Editeur : Pocket (10 mai 2012)
    • Collection : Pocket
    • Langue : Français
    • ISBN-10: 2266207040
    • ISBN-13: 978-2266207041
    • Prix : 8,50€
  • eBook
    • Format : ePub
    • Editeur : Albin Michel (1 octobre 2010)
    • Langue : Français
    • EAN : 978-2226223333
    • Prix : 9,99€
  • Livre audio
    • Durée : 13 heures et 37 minutes
    • Editeur : Audiolib
    • Date de publication : 17 décembre 2010
    • Langue : Français
    • ASIN: B01CUY3334
    • Prix : 20,70€ (ndlr. tout comme le prix des CD, le prix des livres audio n’est pas unique)

Site FB de l’auteur

http://www.facebook.com/pages/Maxime-Chattam-Officiel/

Revue de presse

« Attention, le voyage est vertigineux. » Bernard Chapuis

 

 
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Publié par le 2016/09/30 dans Policier

 

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Ca prendrait combien de temps de lire ….

Personal Creations, un site Internet de conseille de cadeaux a eu a bonne idée de faire une infographie pour informer ses clients sur le temps qu’il leur serait nécessaire pour lire un livre ou une série.

Je vous laisse découvrir en cliquant sur l’image

How-long-does-it-take-to-read-popular-books-infographic

 

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Maxime Chattam – Les abysses du temps – Intégrale en poche

maxime chattam - les abysses du tempsLe 13 novembre sortira chez Pocket une édition spéciale du diptyque du temps regroupant les deux tomes de la série Les abysses du temps, donc Leviatemps et Le requiem des abysses.

Ainsi dans un même volume avec couverture cartonnée et argentée, l’histoire sera complétée au centre par un cahier de photos et illustrations d’époque, pour vous plonger encore plus loin dans le Paris de 1900 et son exposition universelle.

 
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Publié par le 2014/09/02 dans Aventure, Thrillers

 

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Le Poulpe n°253 : Francis Mizio – Sans temps de latitude

Francis Mizio - Sans temps de latitudeMa femme terminant bientôt la lecture de Silo – Origines, je vais pouvoir le récupérer et vous faire une critique. En attendant, et afin de ne pas me lancer dans la lecture d’un pavé, comme le temps m’est limité, je termine ma série de lecture de Pouples par Sans temps de latitude de Francis Mizio.

Ce poulpe est donc très récent, puisque c’est le n°253, et on va voir si Francis Mizio a su insuffler un nouveau souffle au genre, s’il a su dynamiser les aventures de notre céphalopode favori.

Alors est-ce que ce Sans temps de latitude ne va pas traîner le Poulpe en longueur ?

Résumé du livre

Soudainement sorti de sa morosité accablée voici le Poulpe reparti à fond les manettes. Il a besoin de fric, il a démarré pléthore d’enquêtes et il ne sait plus où donner de la tête tant la magouille suinte de partout : Qu’à cela ne tienne ! Puisque même Gérard met en réseau La Sainte-Scolasse, Gabriel va lui aussi vivre avec son temps et faire dans l’efficace avec les outils d’aujourd’hui Internet, courriels, ordinateur, téléphones portables, SMS, organiseur… et même un bon coup de dopage par là-dessus. Ça pulse mieux qu’à Wall Street ! Cheryl intraitable, des Japonais teigneux et une magnétique en noir lui mettent la pression ? Gabriel galope sur tous les fronts et c’est du temps réel. Ça urge parce qu’il y a du lourd : la pire série d’attentats simultanés jamais imaginée va être déclenchée par satellite ! Gabriel sort les mains de ses poches et montre qu’on ne pète pas, forcément un câble dans ce monde sans fil… et que, définitivement, le Poulpe n’est pas manchot.

Avis

Je me demandais s’il était possible de booster le Poulpe, Francis Mizio l’a fait. Moins d’une page pour l’introduction du livre et le premier mort. La page suivante la Sainte Scolasse a complètement était repensée, et au final le Poulpe se trouve embarquer dans une aventure qui va défiler à 100 à l’heure, si ce n’est pas 200.

Confronté à la technologie, le Poulpe est un peu à la traîne au départ, mais rapidement, et avec une petite aide chimique qui n’est pas liquide ni gazeuse pour une fois, va reprendre du poil de la bête.

C’est aussi l’occasion pour l’auteur de dénoncer les faux espoirs de la technologie, des NTIC et des mirages vantés par les éditeurs logiciels et autres constructeurs de smartphones et d’appareils électroniques.

Et le tout avec de l’humour, que demande le peuple ?

A lire, vite, vite.

Notation

Histoire
Ecriture
Durée de lecture
Prix

Caractéristiques :

  • Poche: 157 pages
  • Editeur : La Baleine (1 novembre 2007)
  • Collection : Le Poulpe
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 284219411X
  • ISBN-13: 978-2842194116
  • Prix : 8,00€
 
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Publié par le 2014/06/03 dans Policier

 

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Arni Thorarinsson – Le temps de la sorcière

Arni Thorarinsson - Le temps de la sorcièreJe ne connais cet auteur qu’à partir de critiques et articles sur les polars venus du nord. Un nom se détachait parmi les grands noms: Arni Thorarinsson.En plus de ses qualités de romancier policier, il aurait le grand avantage de présenter la société islandaise.

Ces derniers années, le roman policier nordique a su s’imposer au travers de ses principales icônes comme Arnaldur Indridason, Camilla Läckberg ou Jussi Adler Olsen.

Mais suite à ce succès, les éditeurs ne cherchent-ils à nous refourguer n’importe quel écrivain policier comme maître de ce genre ?

Histoire

Muté dans le nord de l’Islande, Einar, le sarcastique reporter du Journal du soir, se meurt d’ennui. D’autant qu’il ne boit plus une goutte d’alcool! Tout ceci deviendrait vite monotone… si ce n’étaient ces étranges faits divers qui semblent se multiplier: un étudiant disparaît, des adolescents se suicident… Einar voit d’un autre œil cette microsociété gangrenée par la corruption et la drogue.

Extrait

– Une excursion-surprise ?
Le bavardage d’Asbjörn se noie dans le brouhaha environnant et je suis forcé de lui demander de répéter au téléphone. Cette saleté de cellulaire flambant neuf qu’il m’a imposé. Je déteste ce machin qui permet aux autres de me joindre n’importe où et n’importe quand. Ce gadget qui me permet de joindre les autres n’importe où et n’importe quand. Qu’est-ce qu’on y gagne ? La connexion permanente. Le contact ininterrompu avec le monde qui nous entoure. Qu’est-ce qu’on y perd ? La tranquillité. Et la faculté de se déconnecter du monde qui nous entoure.
– Hein ? hurle Asbjörn en guise de réponse.
– Tu disais quoi ?
– Je disais qu’il y avait eu un accident dans une excur… Il n’achève pas sa phrase.
– Un accident ? Silence.
– Un accident, où ça ?
Aucune réponse. La communication a été coupée. Je repose le téléphone sur mes genoux et gare la voiture sur l’accotement. Un jour, j’ai lu que les téléphones cellulaires facilitaient la tâche des criminels parce qu’ils étaient joignables à tout moment. En même temps, ils ont compliqué celle des auteurs de romans policiers parce que le héros comme la victime étaient eux aussi toujours accessibles : le suspense et le danger de mort impliqués par l’impossibilité de joindre ou d’être joint appartenaient désormais presque au passé. Mais la possibilité d’être contacté de façon permanente ne recèlerait-elle pas plus de suspense et de danger mortel que l’impossibilité de l’être ?
– Quel est le problème ? demande Joa. Elle me lance un regard en coin depuis le siège du passager où elle est assise, imposante, dans son épais anorak imperméable.
J’allume une cigarette.
– C’était Asbjörn qui me parlait d un accident pas loin d’ici. Ensuite, on a été coupés.
Joa inspecte les alentours.
– Einar, nous sommes complètement cernés par de hautes montagnes.
Je baisse la vitre et je souffle la fumée dans l’air humide, à l’extérieur. Aussitôt, il se met à pleuvoir. Quelqu’un serait-il en train de protester ? Y a-t-il quelqu’un là-haut qui voudrait par hasard éteindre ma cigarette ?
– Fichue technique, je marmonne.
– Elle n’est pas encore arrivée jusqu’ici, observe Joa. Ici, dans le Nord, les montagnes empêchent de capter le réseau.
Elle se méprend sur mes paroles. Je voulais parler des cohortes de pompiers célestes. La police antitabac du Tout-Puissant.
– Alors là, ça m’étonnerait, je dis en regardant les environs. À mon avis, la vallée de Hjaltadalur n’est pas assez encaissée pour que les montagnes fassent écran au réseau. Quant à ces sommets, ils ne sont pas si hauts que ça. J’essaie de prendre un ton théâtral et alambiqué : leur forme rappelle celle de mamelons récemment remplis de silicone qui auraient été posés sur le corps du pays.
– Ça se pourrait ! s’esclaffe Joa, d’un rire un peu emprunté. Puis, elle jette un coup d’oeil autour d’elle et ajoute : tu as tout à fait raison, même si tu ne donnes pas dans l’originalité poétique. D’ailleurs, elle est plutôt jolie, cette paire de seins.
Il se trouve que Dame Nature a voulu que Joa et moi partagions le même goût pour la beauté féminine.
– Peut-être que le pays refuse ces irritations électriques perma­nentes, j’observe en soupirant. Et je le comprends sacrement !
J’attrape cette saleté de cellulaire et j’appelle Asbjörn. Il est de mauvais poil.
– Pourquoi tu m’as raccroché au nez ?
– Je t’ai pas raccroché au nez. Tu as dû appuyer sur la mauvaise touche.
– J’ai appuyé sur aucun bouton.

Avis

Arni Thorarinsson est un très bon romancier, mais certainement pas un bon romancier policier et encore moins de thriller.

Ces qualités romancières sont mises à profit pour témoigner de la dérive de la société islandaise : chômage, individualisme dans les grandes cités, recours aux stupéfiants de plus en plus courant, et une généralisation des excès éthyliques. De ce côté-là, Arni Thorarinsson sait positionner son roman dans un contexte politique, social et humain.

Par contre, j’avoue que je n’ai pas trouvé de fibres policières dans la trame de l’histoire. Après avoir lu plus du tiers du livre, il y avait bien deux morts, mais aucune enquête réellement menée. Quand bien même le héros est journaliste, la mise en place de la trame policière devrait être beaucoup beaucoup plus rapide.

C’est bien dommage car l’écriture est plutôt agréable, même si on n’atteint pas la fluidité d’un page turn.

Donc vous l’aurez compris pour moi, j’arrête la lecture de ce livre à la 130ème page, j’ai des envies de thrillers ou de policiers rondement menés, qui vous tiennent en halène. … par contre, je ne dis pas que je ne recviendrai pas sur ce livre et le terminer pour connaître un peu mieux cette société du bout de l’Europe.

Notation

Histoire
Écriture
Durée de lecture
Prix

Caractéristiques

  • Poche: 425 pages
  • Editeur : Points (2 octobre 2008)
  • Collection : Points Policier
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2757810774
  • ISBN-13: 978-2757810774
  • Prix: 7.90€

Site Internet de l’auteur

L’auteur ne dispose pas de site officiel
Revue de presse

Un petit objet devenu banal est en train de révolutionner les codes du roman policier : le téléphone portable. On connaît déjà la place que ces appareils ont prise dans les activités délictueuses. Indispensables aux malfaiteurs, ils sont devenus des auxiliaires précieux pour les enquêteurs, qui peuvent grâce à eux localiser certains appels et confondre les couples. Il était donc légitime de se pencher comme le fait Arni Thorarinsson, un auteur islandais né en 1950 dont c’est le premier roman traduit en français, sur les nouvelles règles qu’ils imposent à la fiction…
En explorant systématiquement ces défaillances, Arni Thorarinsson dresse un portrait sévère, d’une cruauté presque surprenante, d’une société dont les individus semblent avoir perdu tout repère et avoir de plus en plus de mal à communiquer entre eux. Avec ou sans téléphone portable. (Gérard Meudal – Le Monde du 31 aout 2007 )

 
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Publié par le 2013/10/26 dans Policier

 

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Temps de lecture dans le monde

Russia Beyond The Headlines vient de publier cette infographie qui donne le temps de lecture hebdomadaire par pays.

Sur le podium : Inde, Thaïlande, Chine.

La France arrive 7ème à égalité avec la Suède.

Readers-around-the-world-infographic

 
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Publié par le 2013/09/03 dans Uncategorized

 

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