RSS

Archives de Tag: histoire

Bernard Minier – Une putain d’histoire

Bernard Minier – Une putain d’histoire

Au moment de faire la critique de Nuit, je me suis aperçu que je n’avais pas fait la critique du livre Bernard Minier Une putain d’histoire.

Vous pourriez me dire que la revue de ce livre n’est plus d’actualité car depuis, il est même disponible au format poche. Bien au contraire, il est intéressant de voir cette particularité chez Bernard Minier, car c’est un roman qui ne met pas en scène son héros favori Martin Servaz et qui ne prend pas place en région toulousaine.

Alors finalement, est vraiment Une putain d’histoire que nous sert Bernard Minier ?

Résumé du livre

Une île boisée au large de Seattle…

« Au commencement est la peur.
La peur de se noyer.
La peur des autres,
ceux qui me détestent,
ceux qui veulent ma peau.
Autant vous le dire tout de suite :
Ce n’est pas une histoire banale. Ça non.
c’est une putain d’histoire.
Ouais, une putain d’histoire… »

Extrait

Le 22 octobre 2013, vers 5 h 45 du soir (il faisait déjà presque totalement nuit), elle m’a dit :
«Henry, je veux qu’on fasse un break.»
C’est là, sans doute, que tout s’est joué. En dernière analyse, ce sont ces moments-là qu’on retient toujours. Ils sont comme des jalons de nos existences, comme des phares le long d’une côte. C’est en tout cas là que je l’ai perdue – au sens propre comme au sens figuré.
Je suppose que commencer cette histoire à bord d’un ferry est assez logique, non ? J’ai vécu sept ans sur une île boisée au large de Seattle. Et il ne se passe pas un jour sans que je pense à elle. Le lieu ? Quelque part entre Anacortes, sur la côte du Nord-Ouest Pacifique, et Glass Island – à bord de l’Elwha. Le moment ? Une nuit tumultueuse, une nuit pleine de fureur et de ténèbres – une véritable nuit de tempête.
Il faisait un froid glacial, ce soir-là, je m’en souviens, la pluie des îles tombait à seaux renversés et, au-delà des lumières du ferry, dans le noir, on entendait la mer gronder comme une bête perpétuellement affamée et courroucée. A cause du vacarme infernal des huit mille chevaux-vapeur et des rafales de vent hurlant à nos oreilles, elle avait élevé la voix. J’ai fait de même :
«QUOI ? Qu’est-ce que tu racontes ?»
Elle a battu des cils, baissé les yeux, les a relevés.
«Je sais que j’aurais dû t’en parler plus tôt mais…
– Parler de quoi ? ai-je dit. Naomi, parler de quoi ?» Avec ce foutu boucan, j’étais obligé de hurler, moi aussi, pour me faire entendre.
Le ferry tanguait, nous contraignant presque à danser sur place. Nous nous trouvions sur le pont inférieur ouvert à tous les vents, près des voitures, alors que les autres passagers étaient douillettement assis là-haut, bien au chaud dans les ponts supérieurs fermés, à se raconter leur journée.
C’était Naomi qui avait tenu à descendre ici. À croire qu’elle ne voulait pas qu’on nous voie ensemble…
«Henry, je veux qu’on fasse un break. Une pause… pendant un moment… Le temps d’y voir plus clair. Il est arrivé quelque chose. J’ai besoin de réfléchir.. J’ai besoin de… comprendre…
– Quoi ? Qu’est-ce que tu racontes ? Comprendre quoi ?»
Je ne comprenais rien, en ce qui me concernait. Le vent a soulevé la petite mèche brune qui émergeait de sa capuche. Elle a levé les yeux, les a posés sur moi.
«Henry, j’ai découvert la vérité.»
Elle a planté son regard dans le mien. Naomi a – avait – des yeux améthyste, avec des nuances myosotis et lapis-lazuli, un cercle plus sombre, presque noir, autour de l’iris, et une cornée opaline : des yeux de chat.
«Quelle vérité ?» j’ai demandé.
J’ai été pris d’un vertige. Ma tête s’est mise à tourner.
«J’ai découvert qui tu es.»
Voilà. Ça a commence comme ça.
Une séparation – comme il y en a des millions chaque année à une époque où tout le monde veut le bonheur sans en payer le prix. Nous avions seize ans, cet automne-là.
«Qui je suis ? Mais bon Dieu, de quoi est-ce que tu parles ?»
Cette fois, elle n’a pas répondu.

Avis

Au travers de ce roman, Bernard Minier veut entrer dans la cour des grands.En abandonnant son héros fétiche, Martin Servaz et en positionnant son histoire en Amérique et non pas en région toulousaine, l’autre montre qu’il peut imaginer une histoire en dehors de son domaine de prédilection.

Non seulement,il tente l’exercice mais il réussit l’essai…et détrônerait même certains maîtres en la matière en amenant une histoire originale, tarabiscotée mais solide, pleine de rebondissements et d’actions qui tiendront en haleine le lecteur tout au long des 500 et quelques pages. L’originalité provient essentiellement des personnages qu’il met en scène : des adolescents, catégorie largement délaissée en dehors des romans adolescents ou pré-adultes. Dans l’aspect enquête cela ma fait penser (de loin) au Club des 5,dans une version modernisée, plus musclée et sous speed pour l’enchaînement effréné de leur investigation.

L’écriture de Bernard Minier a muri, je la trouve plus fluide, plus rythmée où l’auteur pose de nombreux pièges qui ne pourront être tous évités même par les lecteurs aguerris de thrillers.

Au final, en changeant de style, de personnages, de lieux, Bernard Minier s’est révélé en vrai maître de thriller. Il ne lui restera plus qu’à montrer qu’il sait transposer ses talents dans la série des Martin Servaz.

Notation

Histoire
Ecriture
Durée de lecture
Prix

Caractéristiques :

  • Livre
    • Broché: 524 pages
    • Editeur : XO (23 avril 2015)
    • Langue : Français
    • ISBN-10: 284563756X
    • ISBN-13: 978-2845637566
    • Prix : 21,90€
  • Poche
    • Poche: 600 pages
    • Editeur : Pocket (12 mai 2016)
    • Collection : Pocket thriller
    • Langue : Français
    • ISBN-10: 2266267779
    • ISBN-13: 978-2266267779
    • Prix : 8,20€
  • eBook
    • Editeur : Pocket (12 mai 2016)
    • Collection : Pocket thriller
    • Langue : Français
    • EAN : 978-2266267779
    • Prix : 13,99€

Récompenses

Prix Polar francophone de Cognac (2015)

Revues de presse

« Un polar français digne de Stephen King […] C’est intense, diablement efficace et franchement jouissif jusqu’au bout. […] Un sacré bon roman ! » Olivier Bureau, Le Parisien

« Une putain d’histoire est un putain de livre ! Amateurs de sensations fortes, ne cherchez pas plus longtemps, voici le polar de l’année.[…] Bernard Minier est littéralement bluffant. » Bernard Lehut, RTL

« Un livre captivant jusqu’à la toute fin où, dans une scène à la « Fantômas », le vrai méchant tombe le masque avec un rire démoniaque. » Julie Malaure, Le Point

Site Internet de l’auteur

http://www.bernard-minier.com/

Sur lequel vous pourrez trouver de nombreuses revues de presse sur ce livre.

 
Poster un commentaire

Publié par le 2017/04/20 dans Policier, Thrillers

 

Étiquettes : , ,

Découvertes décembre 2013

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Comme je n’ai plus le droit d’acheter de livres depuis octobre en prévision de cadeaux que l’on me ferait pour Noël, mes passages chez mon libraire préféré se sont taris. Voici quelques découvertes ou idées cadeaux pour vos amis qui vous auraient invité pour le réveillon de l’An.

Zygmunt Miloszewski – Les impliqués

Un dimanche matin, au milieu d’une session de thérapie collective organisée dans un ancien monastère de Varsovie, l’un des participants est retrouvé mort, une broche à rôtir plantée dans l’oeil. L’affaire est prise en main par le procureur Teodore Szacki. Las de la routine bureaucratique et de son mariage sans relief, Szacki ne sait même plus si son quotidien l’épuise ou l’ennuie. Il veut du changement, et cette affaire dépassera ses espérances. Cette méthode de la constellation familiale, par exemple, une psychothérapie peu conventionnelle basée sur les mises en scène… Son pouvoir semble effrayant. L’un des participants à cette session se serait-il laissé absorber par son rôle au point de commettre un meurtre ? Ou faut-il chercher plus loin, avant même la chute du communisme ?

Zygmunt Miloszewski signe un polar impressionnant, où s’affrontent la Varsovie d’aujourd’hui et les crimes du passé.

  • Broché: 441 pages
  • Editeur : Mirobole Editions (3 octobre 2013)
  • Collection : HORIZONS NOIRS
  • Langue : Français
  • ISBN-13: 979-1092145090
  • ASIN: B00DJT023E
  • Prix : 22,00€

William Johnson – Histoire de la photographie

Un panorama unique de la photographie de ses origines à nos jours La carrière de George Eastman, qui a commencé comme livreur avant de devenir l’un des plus gros industriels de l’histoire des États-Unis, pourrait être l’illustration parfaite du rêve américain. Le fondateur de Kodak est mort en 1932, léguant sa maison à l’Université de Rochester. Depuis 1949, le site s’est changé en musée international de la photographie et du cinéma et détient aujourd’hui la plus grosse collection du genre au monde. La collection de photographie, qui ne cesse de s’enrichir, rassemble plus de 400.000 images et négatifs, parmi lesquels des œuvres d’Alfred Stieglitz, Edward Steichen, Ansel Adams et bien d’autres, ainsi que 23.000 bobines de films, cinq millions de photos tirées de films, une des plus importantes collections de films muets, du matériel technique, et une bibliothèque de 40.000 livres consacrés à la photographie et au cinéma. La maison George Eastman est un lieu de pèlerinage, un temple pour les chercheurs, les photographes et les collectionneurs du monde entier. Cet ouvrage présente, par ordre chronologique, les images les plus impressionnantes et les étapes les plus marquantes de l’histoire de cet art de la lumière qu’est la photographie. Il offre, à travers son immense collection et ses nombreux thèmes, un panorama unique de ce medium de ses origines à aujourd’hui.

 

  • Broché
  • Editeur : Taschen
  • Langue : Français
  • ISBN: 3836541017
  • EAN: : 978-3836541015
  • Prix : 15,00€
 
Poster un commentaire

Publié par le 2013/12/27 dans A lire, Actualités, Thrillers

 

Étiquettes : , , , ,