RSS

Henri Loevenbruck – L’apothicaire

21 Déc
Henri Loevenbruck – L’apothicaire

Chers fidèles lecteurs, vus n’avez pu bénéficier de mes chroniques ces derniers temps mais des soucis de plomberie et de rhume m’ont éloigné quelques moments des réseaux sociaux.

Le seul vrai moment pendant lequel je pouvais effleurer la littérature était dans ma voiture; chaque matin, ma grosse demi-heure d’écoute d’un livre audio.

J’avais opté pour l’imposant Apothicaire de Henri Loevenbruck qui de par sa taille, sa longueur d’écoute, est également à l’origine d’absence de critique sur ce blog.

Alors est-ce que cet Apothicaire est une sinécure ?

Résumé du livre

«Il vécut à Paris en l’an 1313 un homme qui allait du nom d’Andréas Saint-Loup, mais que d’aucuns appelaient l’Apothicaire, car il était le plus illustre et le plus mystérieux des préparateurs de potions, onguents, drogues et remèdes…»

Un matin de janvier, cet homme découvre dans sa boutique une pièce qu’il avait oubliée… Il comprend alors que jadis vivait ici une personne qui a soudainement disparu de toutes les mémoires. L’Apothicaire, poursuivi par d’obscurs ennemis, accusé d’hérésie par le roi Philippe le Bel et l’Inquisiteur de France, décide de partir à la recherche de son propre passé, de Paris à Compostelle, jusqu’au mont Sinaï.

Entre conte philosophique et suspense ésotérique, L’Apothicaire est une plongée vertigineuse dans les mystères du Moyen Âge et les tréfonds de l’âme humaine.

Né en 1972. Henri Loevenbruck est écrivain, chanteur et compositeur. Auteur de thrillers et de romans d’aventure, il est traduit dans plus de quinze langues.

Extrait

Il vécut à Paris en l’an 1313 un homme sans famille qui allait du nom d’Andréas Saint-Loup, mais que d’aucuns appelaient l’Apothicaire et, quand on le désignait ainsi, nul n’ignorait qu’il s’agissait de celui-là bien qu’il y eût de nombreux autres hommes exerçant la profession dans la capitale, car il était à la fois le plus illustre et le plus mystérieux des préparateurs de potions, onguents, drogues et remèdes que l’on pût trouver dans la ville et peut-être même dans le pays tout entier.
Des divers adjectifs qui pouvaient qualifier l’homme, s’il n’eût fallu en retenir qu’un, on eût aisément dit de lui qu’il était sibyllin, en ce sens que ses paroles comme ses actes étaient aussi obscurs, mystérieux et impénétrables que ceux des oracles de l’Antiquité, et son passé, au reste, demeurait pour tout Paris une véritable énigme, même pour l’abbé Boucel, l’homme qui l’avait trouvé, recueilli et élevé non loin de là, dans l’abbaye de Saint-Magloire, et dont nous aurons l’occasion de reparler plus tard.
Quand on venait quérir dans son officine quelque médicament et qu’on expliquait son mal, il restait silencieux un instant, comme s’il n’avait point de réponse à fournir, prenait un air absorbé, presque distant, puis il disparaissait dans son laboratoire et revenait enfin avec une préparation dont il ne disait souvent rien mais qui, toujours, apportait au patient toute satisfaction. La scène, inlassablement, se jouait dans un silence théâtral. Plus d’une fois on le vit corriger discrètement le diagnostic d’un illustre médecin – bien que cela fût rigoureusement interdit par les maîtres de la profession – et proposer à ses visiteurs une cure différente de celle préconisée par le supposé savant, et alors, dit-on, jamais il ne se trompait. On raconte même qu’il soigna bien des pauvres âmes que la médecine avait depuis longtemps abandonnées et qu’il ne se privait jamais de faire payer davantage ses clients les plus aisés pour assurer, sans la moindre ostentation, la gratuité aux démunis. Cela, encore, contredisait le serment prêté par les maîtres pharmaciens, mais l’homme était un iconoclaste et faisait passer la santé de ses semblables avant le respect de sa confrérie, ce qui lui valut, comme on le découvrira, quelques mésaventures.
Dans le quartier qu’il occupait, au cœur de la rue Saint-Denis – qui était en ce temps celle des apothicaires, des épiciers et des selliers, et où était installée sa boutique – tout le monde connaissait sa figure, non seulement parce qu’il était un personnage majeur de la vie quotidienne de tout le voisinage, mais aussi parce que sa physionomie n’était pas ordinaire, et nous la tracerons ici brièvement.

Avis

Cela fait plusieurs jours que j’essaie de faire la critique de ce livre et à chaque fois je dois recommencer car je ne la trouve pas fidèle à ce que j’ai réellement ressenti à sa lecture (écoute).

Il serait facile de le comparer au Seigneur des anneaux mais n’étant pas un roman de fanstasy ce serait tromper le lecteur.

Derrière ce gros volume, on pourrait craindre à sombrer dans une histoire passée se déroulant au Moyen-Age. Mais Henri Lœvenbruck a de réels talents de conteur. Il arrive à faire un thriller tenant en haleine son lecteur habitué à des livres à suspense mêlant haute-technologie, science, actions et vitesse. L’auteur le déstabilise en reprenant les principes mais dans un monde où ces différents points sont à leur balbutiement : l’apothicaire fait office de premier enquêteur et technicien de la police scientifique, les voyages se passent le plus souvent (mais pas longtemps) à pieds et au moyen à dos de cheval. Seul élément commun avec notre civilisation dite moderne est la cruauté des gens, les tortures (même si à l’époque cela relevait de l’art tant les pratiques étaient variées) et les meurtres.

L’ampleur du roman laisse le temps à de nombreux personnages à prendre place dans l’histoire, à se construire, à évoluer, apporter leur pierre à l’édifice romanesque. On se prend d’amitié pour les trois personnages principaux et c’est avec un peu de regret que nous les quittons en fin de roman.

Pour plonger le lecteur dans l’ambiance, Henri Lœvenbruck fait preuve d’une originalité supplémentaire en adoptant pour le récit un style un peu désuet aux consonances de vieux « françois ». Avouons le, cela n’est pas désagréable, un peu dépaysant au départ, mais la fluidité de l’écriture fait rapidement oublié ce point.

Le seul point négatif est le final un peu décevant que l’on devine aisément au fur et à mesure de la quête de l’apothicaire.

En conclusion, n’hésitez à vous plongez dans la lecture de ce thriller médiéval.

Notation

Histoire
Ecriture
Durée de lecture
Prix

Caractéristiques :

  • Livre Broché
    • Broché: 603 pages
    • Editeur : Flammarion (13 novembre 2012)
    • Langue : Français
    • ISBN-10: 2081233274
    • ISBN-13: 978-2081233270
    • Prix : 22,40€
  • Livre de Poche
    • Poche: 797 pages
    • Editeur : J’ai lu (28 mars 2013)
    • Langue : Français
    • ISBN-10: 2290055786
    • ISBN-13: 978-2290055786
    • Prix : 8,90€
  • Livre Audio
    • Durée : 22 heures et 28 minutes
    • Editeur : Audible Studios
    • Date de publication : 23 février 2017
    • Prix : 29,95€
  • eBook
    • Editeur : Flammarion (12 octobre 2011)
    • EAN : 978-2081278301
    • Prix : 8,49€

Revue de presse :

« Entre thriller, roman d’aventure et conte philosophique, le récit de Loevenbruck est un étourdissant voyage dans ce Moyen Age que l’on dit à tort ténébreux. Ainsi, après avoir discuté du mouvement gnostique avec Maître Eckart ou écouté les confidences de Jacques de Molay, le maître de l’ordre des Templiers, l’Apothicaire croise une femme troubadour chantant les jeux de l’amour en termes mutins. Au fanatisme du Grand Inquisiteur qui poursuit Andreas soupçonné d’hérésie, l’auteur oppose la liberté et la soif de savoir de ses héros.« , Claire Julliard – Le Nouvel Observateur du 24 novembre 2011

«  L’Apothicaire …. a de la cuisse, du corps et se révèle gouleyant pour l’âme comme pour l’esprit« ; Thierry Gandillot, Les Echos

Site Internet de l’auteur :

http://www.henriloevenbruck.com/

Publicités
 
1 commentaire

Publié par le 2017/12/21 dans Thrillers

 

Étiquettes : ,

Une réponse à “Henri Loevenbruck – L’apothicaire

  1. La Barmaid aux Lettres

    2017/12/22 at 00:53

    Article très complet !
    Et qui donne très envie !

    J'aime

     

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

 
%d blogueurs aiment cette page :