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Edward Abbey – Le gang de la clef à molette

17 Nov
Edward Abbey – Le gang de la clef à molette

Voici un roman pour le moins original car je ‘ai découvert chez mon libraire favori et je pensais que c’était une nouveauté.

Que nenni, ce livre a été écrit en 1975, a déjà été édité en France en 1997 sous le titre de Ne meurs pas, ô mon désert, pour finalement être ré-édité cette année en tant que Le gang de la clef à molette. Mais il faut bien l’avouer, son auteur, Edward Abbey, n’est guère connu dans notre pays alors que d’autres de ses romans avaient été adaptés au grand écran par Hollywood.

ALors est-ce que Le gang de la clef à molette va nous déboulonner ?

Résumé du livre

Révoltés de voir le somptueux désert de l’Ouest défiguré par les grandes firmes industrielles, quatre insoumis décident d’entrer en lutte contre la « Machine ». Un vétéran du Vietnam accro à la bière et aux armes à feu, un chirurgien incendiaire entre deux âges, sa superbe maîtresse et un mormon nostalgique et polygame commencent à détruire ponts, routes et voies ferrées qui balafrent le désert. Armés de simples clefs à molette – et de quelques bâtons de dynamite -, ils doivent affronter les représentants de l’ordre et de la morale lancés à leur poursuite. Commence alors une longue traque dans le désert.

Dénonciation cinglante du monde industriel, hommage à la nature et hymne à la désobéissance civile, Le Gang de la Clef à Molette est un livre subversif à la verve tragi-comique sans égale.

Edward Abbey (1927-1989) est l’un des plus célèbres écrivains de l’Ouest américain. Le succès de Désert solitaire et celui du Gang de la Clef à Molette ont fait de lui une icône de la contre-culture et le pionnier d’une prise de conscience écologique aux États-Unis. À sa mort, il demanda à être enterré dans le désert. Aujourd’hui encore, personne ne sait où se trouve sa tombe.

Extraits

Les conséquences

Lorsque l’on vient d’achever la construction d’un nouveau pont reliant deux États souverains des États-Unis, il y a discours. Il y a drapeaux, il y a fanfares, il y a rhétorique techno-industrielle amplifiée électroniquement.
Les gens attendent. Couvert de drapeaux, d’oriflammes et de banderoles fluorescentes, le pont est prêt. Tous attendent l’inauguration officielle, l’oraison finale, la coupure du ruban, l’arrivée des limousines. Peu importe qu’en réalité ce pont soit déjà en service depuis six mois.
Les files d’automobiles garées en bord de route s’étirent sur un kilomètre et demi au nord et sur un kilomètre et demi au sud, surveillées par les motards de la police d’État, hommes mornes et pondéreux, crissant dans leurs tenues de cuir, raidis par leur casque antiémeute, leur badge, leur lacrymo, leur matraque, leur radio. Fiers, rudes et sensibles défenseurs latéraux des riches et des puissants. Armés et dangereux.
Les gens attendent. Suant sous le soleil, rôtissant dans les automobiles qui brillent comme des scarabées sous le doux mugissement du soleil. Ce soleil du désert de l’Utah et de l’Arizona, cette infernale sphère de feu plasmique posée là dans le ciel. Cinq mille personnes qui bâillent dans leurs voitures, intimidées par les flics et mortellement bercées par les psalmodies des politiciens. Leurs gamins braillards se chamaillent à l’arrière, les glaces Frigid Queen fondent et dégoulinent sur les mentons, les coudes, créent des Jackson Pollock sur les radicaux monovalents de la sellerie pur skaï. Tous prennent leur mal en patience même si aucun n’en a suffisamment pour écouter les salades que déverse le puissant système de sonorisation.
Le pont lui-même est une arche d’acier simple, élégante et compacte, aussi concrète que l’énoncé d’une évidence, portant sur son dos un ruban d’asphalte, une voie piétonne, des rambardes, un éclairage de sécurité. Long de 120 mètres, il enjambe un défilé haut de 215 mètres. Le défilé de Glen Canyon. Tout en bas coule le Colorado, dompté, domestiqué à la sortie des boyaux du tout proche barrage de Glen Canyon. Jadis d’une belle teinte rouge et ocre qui lui valut son nom, le fleuve coule désormais vert, limpide et froid, couleur eau de glacier.
Formidable fleuve. Barrage plus formidable encore. Vu du pont, l’ouvrage présente une vertigineuse paroi concave de béton armé, implacable et mutique. Barrage à gravité, 800000 tonnes de solidarité solidement ancrées dans le grès navajo qui forme depuis cinquante millions d’années le lit et les murs du canyon. Bouchon, opercule, coin obèse fiché dans la pierre pour canaliser via des vannes et des turbines la force du fleuve hébété.
Fleuve jadis formidable et désormais fantôme. A 1500 kilomètres de là, vers l’aval, les âmes des mouettes et des pélicans volettent à l’aplomb du delta asséché. Les âmes des castors remontent le courant en se glissant, nez en avant, sous la surface dorée par l’ocre du limon. Les grands hérons allaient jadis se poser, pattes pendouillant, légers comme des moustiques, sur les bancs de sable de l’estuaire. Les tantales craquetaient dans les peupliers. Au fond des canyons, les cerfs en arpentaient les berges. Aigrettes neigeuses parmi les tamaris, et leurs plumes qui ondulent dans la brise du fleuve…

Avis

La première chose que l’on note à la lecture Du gang de la clef à molette, c’est le style. Au tant le dire tout de suite,la fluidité du style n’est pas au rendez-vous. Si Proust reste imbattable dans le genre, Edward Abbey a recours à de nombreux qualificatifs, descriptions, comparaisons et forces détails. Le problème c’est que cet usage est plus que fréquent et alourdit grandement la lecture au risque de décourager le lecteur. Ce qui fut mon cas après 150 pages.

Qui plus est, le roman est loin d’une structure de page turn. Si l’auteur lance très bien son livre, donne déjà le ton humoristique de celui-ci, l’ambiance retombe presque aussitôt.  Edward Abbey consacre les chapitres suivants à présenter les différents personnages et de la formation du clan. Mais l’humour est plus retenu, le ton moins enjoué.

Ces deux gros défauts sont bien dommage car l’histoire vaut véritablement la peine d’être lue : sous couvert d’un roman épique, drôle, qui nous fait penser à un western spaghetti avec Terence Hill et Budd Spencer, Edward Abbey en profite pour dénoncer l’indifférence de la société américaine vis-à-vis de l’écologie. Cette société consumériste est prête à sacrifier la nature de son pays sur l’autel du commerce et de la croissance économique.

Finalement, je me dis que la raison de mon interruption de la lecture de ce livre tient plus du passage à l’hiver, à une fatigue passagère, et que je le terminerais aux prochains beaux jours.

Notation

Histoire
Ecriture
Durée de lecture
Prix

Caractéristiques

  • Broché: 547 pages
  • Editeur : Editions Gallmeister (5 avril 2013)
  • Collection : Nature Writing
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2351780639
  • ISBN-13: 978-2351780633
  • Prix : 25,00€

 

Revues de presse

« Un hilarant road movie d’Edward Abbey. Un roman à couper le souffle ! » – LIRE

« Un chef-d’oeuvre anticapitaliste en forme de plongée dans l’univers d’Easy Rider qui devint le roman culte des hippies. » – LES INROCKUPTIBLES

« Un pur délice. » – LE NOUVEL OBSERVATEUR

« Un « road-story » écologiste. Edward Abbey s’est imposé comme une référence pour de très nombreux auteurs américains, dont Annie Dillard, Rick Bass ou les écrivains du Montana. Un des pionniers d’une prise de conscience écologique aux États-Unis. » – LE MONDE DES LIVRES

Site Internet de l’auteur

http://www.abbeyweb.net/

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Publié par le 2015/11/17 dans Roman

 

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