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M. J. Arlidje : Am stram gram

30 Mai
M. J. Arlidje : Am stram gram

Si M. J. Arlidje ne vous dit rien, c’est normal. Ce directeur d’une maison de production indépendante travaillant également à la télévision anglaise connaît un succès international via son premier roman « Am-stram-gram » dont nous allons parler aujourd’hui.

Sa lecture a été une erreur dans mon planning de lecture. J’avais commencé un livre, mais en déplacement je l’avais oublié et je me suis rabattu sur celui-ci. L’ayant vu en recommandations chez mon libraire préféré avec un petit mot de recommandations, je l’ai pris sans hésiter.

Ai-je bien fait de le sélectionner ou aurais-je du en choisir un autre en faisant pique-nic-douille ?

Résumé du livre

Deux jeunes gens sont enlevés et séquestrés au fond d’une piscine vide dont il est impossible de s’échapper. À côté d’eux, un pistolet chargé d’une unique balle et un téléphone portable avec suffisamment de batterie pour délivrer un terrible message :  » Vous devez tuer pour vivre.  » Les jours passent, la faim et la soif s’intensifient, l’angoisse monte. Jusqu’à l’issue fatale. Les enlèvements se répètent. Ce sont les crimes les plus pervers auxquels le commandant Helen Grace ait été confrontée. Si elle n’avait pas parlé avec les survivants traumatisés, elle ne pourrait pas y croire. Helen connaît les côtés sombres de la nature humaine, y compris la sienne ; pourtant, cette affaire et ces victimes apparemment sans lien entre elles la laissent perplexe. Rien ne sera plus terrifiant que la vérité.

Extrait

Sam dort. Je pourrais le tuer là, maintenant. Son visage n’est pas tourné vers moi : ce ne serait pas difficile. Se réveillerait-il si je bougeais ? Essaierait-il de m’arrêter ? Ou serait-il simplement soulagé que ce cauchemar finisse ?
Je ne peux pas penser des choses pareilles. Il faut que j’essaie de me rappeler ce qui est vrai, ce qui est bon. Mais quand on est prisonnier, les jours paraissent sans fin et l’espoir est le premier à mourir. Je me creuse la tête en quête de souvenirs joyeux susceptibles de repousser les idées noires : ils sont de plus en plus durs à convoquer.
Nous ne sommes là que depuis dix jours (onze ?), et pourtant la vie normale ressemble déjà à un souvenir lointain. On faisait du stop après un concert à Londres quand c’est arrivé. Il pleuvait des cordes, plusieurs voitures nous avaient déjà dépassés sans même nous jeter un regard. Trempés jusqu’aux os, on s’apprêtait à retourner à l’abri quand une camionnette a fini par s’arrêter. À l’intérieur, il faisait chaud, il faisait sec. On nous a offert du café venant d’une bouteille Thermos. Sa seule odeur a suffi à nous revigorer. Au goût, c’était encore meilleur. Nous n’avions pas conscience que ce serait notre dernière gorgée de liberté.
Quand je suis revenue à moi, j’avais la tête comme une casserole. Une croûte de sang sur les lèvres. Fini la camionnette douillette. J’étais dans un endroit glacial, obscur. Etais-je en train de rêver ? Derrière moi, un bruit m’a fait sursauter. Ce n’était que Sam qui se relevait en titubant.
On avait été dépouillés. Dépouillés et largués. Laborieusement, j’ai avancé en me tenant aux parois qui nous entouraient. Des carreaux froids, durs. J’ai percuté Sam et je l’ai étreint une seconde, inhalant cette odeur que j’aime tant. Cet instant passé, l’horreur de la situation nous a frappés.
On était dans une fosse à plongeon. Délaissée, mal aimée, elle avait été privée de ses plongeoirs, de ses panneaux, même de ses marches. Tout ce qui pouvait être récupéré l’avait été. Ne restait qu’un bassin profond et lisse, impossible à escalader.
Ce putain de monstre écoutait-il nos cris ? Probablement. Car quand on a fini par se taire, c’est arrivé. Un portable sonnait : durant une seconde merveilleuse, on a cru à l’arrivée des secours. Ensuite on a vu l’écran du téléphone éclairé sur le sol du bassin. Sam n’a pas bougé, alors j’ai couru. Pourquoi moi ? Pourquoi fallait-il toujours que ce soit moi ?
«Bonjour Amy.»
À l’autre bout du fil, la voix était déformée, inhumaine. J’avais envie d’implorer pitié, d’expliquer qu’il s’agissait d’une terrible erreur, mais le fait qu’on connaisse mon nom m’a vidée de toute conviction. Comme je ne répondais pas, la voix a enchaîné, implacable, froide :
«Est-ce que tu veux vivre ?
– Qui êtes-vous ? Qu’est-ce que vous nous av…
– Est-ce que tu veux vivre ?»
Pendant une minute, impossible de répondre. Ma langue refuse de m’obéir. Ensuite : «Oui.
– Par terre, à côté du téléphone, tu trouveras un flingue. Il y a une balle dedans. Pour Sam ou pour toi. C’est le prix de votre liberté. Vous devez tuer pour vivre. Est-ce que tu veux vivre, Amy ?»
Impossible de parler. J’ai envie de vomir.
«Alors, oui ou non ?»

Avis

Lire Am stram gram de cet auteur inconnu a été un réelle bonne surprise.

Son roman prend tous les codes du roman policier, mais dès son premier livre, M. J. Arlidje a su mettre en place une atmosphère, un ensemble de personnages aux personnalités et psychologies bien différentes. Certains auteurs, qui ont paradoxalement du succès en librairie, n’ont pas cette maîtrise. On plonge donc rapidement dans l’ambiance de ce roman à partager le quotidien de cette équipe, à partager les sentiments des victimes, et à faire notre propre enquête.

Il était à craindre des répétitions dans la description dans les kidnappings successifs et du sort des kidnappés, mais l’auteur a eu la bonne idée de ne faire qu’une description complète pour les premiers, puis des versions raccourcies pour les autres; pour concentrer le récit sur la recherche des kidnappés et des

Donc une bonne atmosphère, pas de répétitions, une intrigue attractive et en plus une étonnante maîtrise du page-turn font de ce roman est un policier très difficile à lâcher.

Mais, il y a tout de même un bémol qui a fait que ce livre ne décroche pas la note maximale : sur le final, j’estime que l’auteur fait faire à son héroïne une erreur tout simplement inacceptable et idiote qui gâche la fin de ce livre, et laisse un arrière goût de fin bâclée indigne du niveau du reste du livre. L’essai aurait pu être transformé et magistral, mais ce sera sans doute une leçon à retenir pour le prochain livre de cet auteur dont nous suivrons avec grand intérêt son avenir littéraire.

Notation

Histoire
Ecriture
Durée de lecture
Prix

Caractéristiques

  • Livre
    • Broché: 364 pages
    • Editeur : Les escales éditions (19 mars 2015)
    • Collection : Les escales noires
    • Langue : Français
    • ISBN-10: 2365690815
    • ISBN-13: 978-2365690812
    • Prix : 21,90€
  • eBook
    • Editeur : Les escales éditions (19 mars 2015)
    • Collection : Les escales noires
    • Langue : Français
    • EAN : 9782365691536
    • Prix : 14,99€

Revues de presse

« Ils s’étaient jurés l’amour éternel. Mais Amy et Sam, jeunes étudiants de Southampton, vont découvrir à leurs dépens que certaines promesses ne sont pas tenables…
Polar à la mécanique infernale digne de Harlan Coben, ce thriller britannique de M.J. Arlidge répond à toutes les lois du suspense en s’appuyant sur une idée à la fois classique et diabolique, invitant le lecteur à imaginer quelle serait son attitude si, par le pire des hasards, il se trouvait dans la même fâcheuse posture que les otages…
Les amateurs d’énigmes tordues et de sensations fortes seront comblés. »  — François Lestavel – Paris-Match, avril 2015

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Publié par le 2015/05/30 dans Policier, Thrillers

 

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