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Arnaud Duval – Les pousse-pierres

04 Oct

duval - pousse-pierresL’histoire de cette chronique avec mon voyage de noces. Sur le bateau, ma femme et moi sympathisons avec un couple habitant proche de chez nous. L’homme nous avoue être passionné de science-fiction au point d’avoir écrit un livre qui a un relatif succès.

Ce livre ce sont Les pousse-pierres et l’homme Arnaud Duval.

Depuis, ce roman a reçu le prix Futuriales de la révélation jeunesse en 2012, et a fait l’objet d’une promotion par Amazon dans sa version électronique.

C’est donc avec un réel plaisir que je vous présente la critique des Pousse-pierres d’Arnaud Duval, alias Arnaldus.

Résumé du livre

En 2170, les corporations terriennes ont remplacé les États. Elles dominent la planète, mais pas l’espace où plusieurs colonies indépendantes se sont établies. Les prospecteurs spatieux de la Ceinture d’Astéroïdes, également appelés «Pousse-pierres», fournissent à la Terre les ressources dont elle a besoin. Les Lagrangiens, une communauté d’humains technophiles et idéalistes installés dans leur station spatiale géante au point de Lagrange L1, interdisent aux Terriens de circuler librement dans le système solaire et imposent une ségrégation que les corporations acceptent de moins en moins facilement. Un incident mortel à bord d’un astronef spatieux autour de Jupiter sera le point de départ d’un bouleversement de l’ordre établi et d’un affrontement qui décidera du futur de l’humanité dans l’espace. Premier roman de l’auteur, Les Pousse-pierres est un space opera captivant, justement récompensé par le prix Futuriales de la révélation jeunesse en 2012.

Extrait

Maureen O’Garret regardait les étoiles tournoyer derrière le hublot de quartz du caisson de survie. Elle les voyait scintiller un instant sous une tache de givre formée par la condensation. Les drogues qui entraînaient son corps dans le sommeil de l’hibernation brouillaient son esprit après avoir calmé son angoisse. Il n’y avait aucun signe d’activité sur le moniteur de contrôle, aucun son dans ses écouteurs. Autour d’elle, l’épave du CEL Pearl dérivait dans l’espace, aussi inerte et silencieuse qu’un vaisseau fantôme. Chaque seconde l’éloignait de ses parents, morts ou sur le point de l’être.

L’accident ne leur avait laissé aucune chance.

 

L’éclairage de secours avait illuminé la passerelle de pulsations brutales, en rythme avec les hurlements de l’alarme. Patrick O’Garret, le Capitaine, son père, s’était précipité sur la console de commandes :

― CATHERINE ! Qu’est-ce qui se passe ?

― C’est la panique dans la salle des machines. J’y vais.

Malgré la vigilance du radar, un fragment de roche avait dû percuter le compartiment du réacteur, endommageant le bouclier de confinement de la pile et provoquant une irradiation mortelle dans l’habitacle du petit astronef familial. Même si sa mère avait agi aussi rapidement que possible, la vitesse des processus subnucléaires relevait d’un autre ordre de grandeur que les actions humaines, ou même électroniques. Seule Maureen avait été épargnée, sauvée par sa présence à l’extérieur au moment de l’accident. Son père avait immédiatement verrouillé le sas pour l’empêcher de revenir.

― Alerte contamination ! Maureen, éloigne-toi vers l’avant. Vite ! Reste derrière le conteneur.

― Rouvre le sas ! Laisse-moi aider maman !

― Fais ce que je te dis.

Elle l’avait supplié, en vain. Il s’était montré intraitable, la sommant de rester là où la masse de minerai pourrait la protéger des radiations tandis que Catherine exécutait un arrêt d’urgence du réacteur, au milieu du crépitement des courts-circuits et du sifflement des fuites de réfrigérant. Ses parents n’avaient échangé que quelques phrases. Après dix années de vie dans les deux cents mètres cubes de compartiments et de machines, chacun savait parfaitement ce qui était possible ou nécessaire.

― L’accumulateur B est disfonc. Je diverge sur le A.

― Vu.

― Déch ! Il fait chaud, ici. Le circuit hydraulique tient le coup ?

― Pas vraiment.

― C’est bon pour la pile. Bascule sur le réseau de secours.

Une irradiation aussi massive ne laissait aucune chance à un être humain sans protection, sans parler des saloperies chimiques qui flottaient désormais dans les circuits d’aération. Secouée de sanglots, désespérée et impuissante, Maureen avait suivi le déroulement du drame avec une pleine conscience de l’horreur. Son père avait ouvert les valves de sécurité afin de réduire le taux de vapeur et éviter à sa mère d’être ébouillantée, en plus de tout le reste. Catherine O’Garret avait consacré ses dernières minutes à satisfaire les exigences des machines, jusqu’à ce que sa voix ne soit plus qu’un souffle à peine audible, haché par une toux étranglée.

― Maman !

― Catherine ?

― MAMAN !

Elle avait sans doute déjà perdu connaissance, malgré la ventilation poussée au maximum. La température dans la salle du réacteur dépassait les quatre-vingts degrés. Après cela, son père avait expliqué à Maureen ce qu’ils allaient devoir faire, balayant ses protestations jusqu’à ce que la jeune fille hystérique se rende à la raison. Les lois de la physique étaient aussi implacables que la Règle acceptée par tous les Spatieux, même à quinze ans.

Le disque aplati de Jupiter traversa le hublot, éclairant l’intérieur du caisson d’une pâle lumière verte.

Aussi sombre et froide qu’un tombeau terrien.

Ou du moins ce qu’elle imaginait. Les Spatieux n’enterraient pas leurs morts. Ils les envoyaient se reposer dans la chaleur étincelante du Soleil pour mêler leurs atomes à ceux d’une étoile. Ses parents n’y auraient pas droit, et elle-même n’était pas tirée d’affaire. Allégé au maximum, ce qui restait du Pearl se dirigeait vers la Ceinture avec une vitesse suffisante pour espérer que son unique passagère soit encore en vie lorsque l’astronef arriverait dans les parages de Cérès. Un vrai pari de Pousse-pierres, avec le risque d’aller de Charybde en Scylla, ou plutôt l’inverse : le vaisseau quittait le tourbillon gravitationnel de la planète géante dans l’espoir de se raccrocher à un îlot de civilisation.

Elle avait froid et sa conscience se délitait sous l’action des drogues. Sa dernière pensée fut pour ses parents qui venaient de se sacrifier pour elle. Un Spatieux pensait d’abord à son vaisseau et à sa famille ; il s’agissait d’ailleurs souvent de la même chose. La probabilité qu’un astronef croise l’orbite du Pearl n’était pas négligeable. Une fois à bord, Maureen saurait se débrouiller.

Ça aussi, c’était la Règle.

Plus d’extrait sur le site de l’auteur.

Avis

Les pousse-pierres est une agréable découverte de science-fiction. Ce roman plaira tant aux amateurs du genre qu’aux néophytes. Ce roman s’inscrit dans les romans des Star Wars et du cycle de la Fondation d’Isaac Asimov : l’histoire de familles impliquées dans un conflit inter-stellaire et de jeux de pouvoir.

L’auteur évite les fréquents écueils de ce genre littéraire : même si la palette des personnages est relativement fournie, elle est réduite au maximum et emploie des noms originaux mais mnémotechniques. De plus l’alternance des passages d’actions et ceux de stratégies politiques, ainsi que l’usage de quelques techniques du page-turn, permettent de conserver le lectorat tout au long du livre.

On tiendra à souligner le soucis du détail que l’auteur a pour rendre l’atmosphère futuriste du roman la plus réaliste possible. Ainsi, Arnaud Duval a remplacé des expressions traditionnelles par de nouvelles plus adaptées au contexte. Par exemple, les personnages ne diront pas qu’il n’y a pas « 4 chemins » pour y aller mais « 4 orbites ».

Le style d’écriture est simple, fluide, et comme on vient de le voir recherché, rend agréable la lecture de ce livre.

Donc un bon roman de science-fiction qui ne s’éternise pas en futilités.

Et pour nous faire plaisir, en cherchant quelques informations sur l’auteur et ce livre, je viens d’apprendre que la suite est prévue à la publication pour le 5/11/2014. Nous ne marquerons pas de revenir prochainement sur Arnaud Duval et sa future œuvre.

Notation

Histoire
Ecriture
Durée de lecture
Prix

Caractéristiques :

  • Livre format Poche
    • Poche: 544 pages
    • Editeur : Folio (27 mai 2014)
    • Collection : Folio SF
    • Langue : Français
    • ISBN-10: 2070453952
    • ISBN-13: 978-2070453955
    • Prix : 8,10€
  • eBook
    • Format : ePub
    • Taille du fichier : 566 ko
    • Editeur : Editions du Riez (22 juin 2012)
    • Langue : Français
    • EAN: 9782918719410
    • Prix : 5,99€

Site internet de l’auteur

http://arnauddus.free.fr/

Sur ce site nous découvrons qu’il y aura une suite « Les ombres de Torino » (sortie le 5/11/2014) dont on peut découvrir le prologue; mais aussi un extrait et des bonus sur « Les pousse-pierres« .

Prix

Prix Futuriales de la révélation jeunesse en 2012

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Publié par le 2014/10/04 dans Science-Fiction

 

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