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Karine Giebel – Purgatoire des innocents

17 Mar

karine giebel - purgatoire des innocentsKarine Giebel est une auteure de thrillers que j’ai découvert sur les réseaux pirates de livres numériques. Je voyais nombreux de ses livres s’échanger, et toujours avec de grands remerciements envers l’émetteur du fichier.

A force, je me suis dit qu’il fallait qu’un jour je découvre cette écrivaine pour voir si réellement cette française avait autant de talents que ce qui se disait sur ces réseaux.

Et comme par hasard, ma bibliothèque d’entreprise vient d’acquérir son dernier roman Purgatoire des innocents, alors ni une ni deux, je me rue dessus.

Prenons-nous pour Saint Pierre et portons notre jugement sur ce Purgatoire des innocents ?

Résumé du livre

Je m’appelle Raphaël, j’ai passé quatorze ans de ma vie derrière les barreaux.
Avec mon frère, William, et deux autres complices, nous venons de dérober trente millions d’euros de bijoux.
Ç’aurait dû être le coup du siècle, ce fut un bain de sang.
Deux morts et un blessé grave.
Le blessé, c’est mon frère. Alors, je dois chercher une planque sûre ou Will pourra reprendre des forces.

Je m’appelle Sandra.
Je suis morte, il y a longtemps, dans une chambre sordide.
Ou plutôt, quelque chose est né ce jour-là…

Je croyais avoir trouvé le refuge idéal.
Je viens de mettre les pieds en enfer.

Quelque chose qui marche et qui parle à ma place.
Et son sourire est le plus abominable qui soit…

———————————

Karine Giébel est née en 1971 dans le Var, ou elle vit toujours. Son premier roman, Terminus Elicius (Editions la Vie du rail, 2004) reçoit le Prix Marseillais du Polar en 2005. Suivront Meurtres pour rédemption (Editions la Vie du rail, 2006, et réédité au Fleuve Noir en 2010) qui a été sélectionné pour le Prix Polar Cognac, Les Morsures de l’ombre (Editions Fleuve Noir, 2007) tour à tour lauréat du prix Intramuros, du prix SNCF 2009 et du prix Entre les murs, Chiens de sang (Editions Fleuve Noir, 2008) et Jusqu’à ce que la mortnous unisse (Fleuve Noir, 2009), Lauréat du Prix des Lecteurs au Festival Polar de Cognac. Juste une ombre est son dernier roman paru au Fleuve Noir en mars 2012, il a reçu le Prix Marseillais du Polar et le Prix Polar de Cognac

Extraits

15 h 00 – Paris, place Vendôme.

– Collier en platine, incrusté d’un diamant blanc en poire de huit carats, de deux diamants jaunes de sept et cinq carats et de deux diamants roses de deux carats chacun.
Il a psalmodié avec élégance et distinction. Presque à voix basse, tellement c’est indécent.
Il scrute désormais le visage de la jeune femme, sûr de son effet. Elle a des yeux étonnants, qui le mettent légèrement mal à l’aise. Le gauche est bleu, irisé d’un soupçon de vert. Le droit est marron foncé. Deux bijoux sertis dans un visage délicat à la peau mate. D’ailleurs, elle n’est pas maquillée. Ses yeux n’ont vraiment besoin d’aucun artifice.
Ce collier lui irait à merveille. Toutes les femmes ne sont pas faites pour porter trois millions d’euros autour du cou.
Elle, si.
Maintien de reine, élégance naturelle. Pourtant, elle ne doit pas nager dans le luxe depuis très longtemps. Ça aussi, le bijoutier le sent. Ayant l’habitude de voir défiler les clientes richissimes au milieu de ses vitrines, il distingue bien vite celles qui sont nées dans l’opulence de celles qui viennent d’y accéder.
Cette femme a quelque chose de rebelle dans l’attitude comme dans le regard. Quelque chose de dangereux, de sauvage. D’animal.
Le quadragénaire qui l’accompagne ne correspond pas non plus au portrait type du milliardaire. Malgré son costume Armani, l’Audemars Piguet qui orne son poignet, il ressemble à un voyou. Une vieille cicatrice barrant sa joue droite lui confère un air de truand. Il n’a pas dû tendre la gauche, c’est évident. Encore un nouveau riche… ou un mafieux. Qui lève les yeux vers le vendeur ; regard froid et direct.
– Il est magnifique, dit-il.
– Magnifique en effet, confirme le bijoutier.
Un troisième client entre dans la bijouterie, jeune homme élégant que l’assistante prend instantanément en charge. Le bijoutier l’observe à la dérobée puis se focalise à nouveau sur ses acheteurs potentiels. S’il vend ce collier aujourd’hui, cette pièce exceptionnelle…
La femme aux yeux vairons ne dit rien. Elle contemple le bijou, parfaitement immobile. Puis elle regarde son mari – ou son amant – et un sourire la transfigure.
– Je le veux, dit-elle.
– Il est à toi… Tout ce qui se trouve ici est à toi, ajoute l’homme. N’est-ce pas monsieur ?
Les lèvres du bijoutier se crispent, sa gorge devient curieusement sèche.
– N’est-ce pas ? répète le client.
– Monsieur est généreux, hasarde le bijoutier. Ou éperdument amoureux !
– Ni l’un ni l’autre, répond l’homme en écartant le pan de sa veste.

Avis

Je ne connaissais pas Karine Giebel, mais je peux vous dire qu’à la lecture de ce livre vous recevez une bonne claque, voire plusieurs, dont vous n’êtes pas prêt d’oublier.

La première claque vient des multiples rebondissements, retournements de situation et autres surprises que l’auteure distille tout au long de son récit. Il faut dire que Karine Giebel sait dès les premières pages vous faire plonger dans l’histoire, vous faire partager les sentiments de ces personnages. Vous vous immergez dans le récit, et au final vous vous faites mener par le bout du nez par l’auteure, vous ne voyez pas le coup venir, vous venez de vous faire avoir.

L’autre claque, c’est la noirceur du roman, car plus que d’un thriller ce roman est un véritable roman noir. L’auteur attache un malin plaisir à détailler, rappeler, répéter les actes de violence et de torture. Alors certes, les propos sont en adéquation avec la situation (là j’avoue que j’ai un peu de mal à faire la critique sans vous dévoiler une partie du roman et l’un des revirements de situation sus-mentionnés), mais la lecture devient difficile, insoutenable. Pour la peine, j’ai un sentiment mitigé entre le travail littéraire de réalisme et la volonté de l’auteure à chercher chez le lecteur un certain malaise afin qu’il partage en partie l’aventure avec les personnages.
Cependant il ne faudrait pas que cela soit une facilité à laquelle recourrait l’auteure pour chacun de ses livres (et comme c’est le premier que je lis d’elle, elle bénéficiera du doute) : c’est ce qui avait été reproché à Franck Thilliez par ses fans, et depuis il a revu sa ligne « éditoriale ».

Donc, au final, une belle découverte d’une auteure française dont je lirai certainement d’autres de ses romans noirs… mais je vais attendre un peu pour me remettre de l’expérience littéraire que je viens de vivre.

Notation

Histoire
Ecriture
Durée de lecture
Prix

Caractéristiques :

  • Broché: 592 pages
  • Editeur : FLEUVE NOIR (7 mai 2013)
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2265097845
  • ISBN-13: 978-2265097841
  • Prix : 20,00€

Site Internet de l’auteur

http://www.karinegiebel.fr

Revues de presse

« Le soleil du Var a-t-il grillé tout sentiment de compassion chez Karine Giebel ? Question raisonnable tant l’auteure prend plaisir à faire de nous les otages d’un cauchemar où l’on ressent chaque torture physique et mentale infligée aux malheureux héros…Giebel cherche, et trouve, l’efficacité maximale. Difficile pour le lecteur d’échapper à son emprise au coeur d’un huis-clos horrifique où l’enfer, c’est vraiment les autres« . François Lestavel – Paris-Match, juin 2013.

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Publié par le 2014/03/17 dans Thrillers

 

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