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Franck Thilliez – Puzzle

28 Oct

726ba-puzzle_franck_thilliez Franck Thilliez est décidément à l’honneur sur ce blog littéraire car depuis le début de ‘année, c’est le 7ème billet (et bientôt 8) sur cet écrivain en moins de 12 mois et le 5ème livre critiqué.

Il semblerait donc que nous ayons été atteinte de la Sarkoïte, maladie politiquement incorrect, qui se rend les gens accros au héros préféré de Franck Thilliez.

Et pan, l’auteur nous livre un thriller psychologique sans Sarko. Et histoire de faire bisquer ses plus fidèles lecteurs, mine de rien, il leur annonce que Sarko reviendra dans son livre d’après, et que son héro est en difficulté face à un caïman (ou un alligator je ne sais plus).

Puzzle va-t-il nous mettre en pièces, continuer à jour avec nos nerfs, et pas uniquement par l’absence de Sarko ?

Histoire

Ilan et Chloé, deux jeunes gens spécialistes des chasses au trésor ont rêvé des années durant de participer à la partie ultime, d’un jeu mystérieux dont on ne connaît pas les règles, dont on ne connaît pas l’entrée, et dont on ne sait même pas s’il existe. Mais dont on connaît le nom : Paranoïa. Lorsqu’un an après leur rupture Chloé réapparaît dans la vie d’Ilan en lui annonçant qu’elle sait comment jouer, ce dernier a totalement rompu avec l’univers des jeux, et vit isolé dans la maison de ses parents disparus en mer. Officiellement morts, mais Ilan est persuadé qu’ils ont été enlevés à cause de leurs recherches scientifiques. Après avoir refusé l’aventure, Ilan cède alors que Chloé lui fait part de la rumeur : le gagnant remporterait 300 000 euros. Après un premier jeu de pistes dans Paris, les deux amis sont enfin sélectionnés. C’est alors qu’ils découvrent la règle numéro 1 : « Quoiqu’il arrive, rien de ce que vous allez vivre n’est la réalité. Il s’agit d’un jeu. », rapidement suivie, à leur arrivée sur les lieux du jeu – un gigantesque bâtiment isolé en pleine montagne appelé Complexe psychiatrique de Swanessong – de la règle numéro 2 : « L’un d’entre vous va mourir. » Quand les joueurs découvrent le premier cadavre, quand Ilan retrouve dans le jeu des informations liées à la disparition de ses parents, la distinction entre le jeu et la réalité est de plus en plus difficile à faire… Et Paranoïa peut alors réellement commencer…

Extrait

Toute l’équipe médicale qui suivait Lucas Chardon s’était réunie autour de son lit. Dès son réveil, on avait retiré les différentes électrodes de l’électro-encéphalogramme fichées sur son cuir chevelu. L’électrocardiogramme et les divers appareils encore reliés à son corps témoignaient d’un état parfaitement stable.
Le patient sanglé aux poignets et aux chevilles manifesta son exaspération.
– Je ne parlerai qu’à ma psychiatre. Les autres, sortez, s’il vous plaît.
La chambre d’hôpital se vida rapidement. Lucas Chardon essaya de redresser la tête mais en fut incapable.
– N’essayez pas, lui dit Sandy Cléor. L’épreuve a été longue et difficile, vos muscles vont avoir besoin de plusieurs jours de rééducation, peut-être même des semaines.
– Et heureusement, les sangles sont là pour m’empêcher de me faire mal, n’est-ce pas ?
La psychiatre s’assit au bord du lit et écarta la mèche châtaine qui masquait le regard de son patient. Pour une fois, cette belle femme aux courts cheveux bruns, d’à peine trente ans, était habillée en civil, débarrassée de cette blouse blanche trop officielle. Cet hôpital public se trouvait à une petite centaine de kilomètres de l’Unité pour Malades Difficiles où elle exerçait.
– Vous savez bien que nous ne pouvons pas faire autrement, Lucas.
– On peut toujours faire autrement.
– Comment vous sentez-vous ?
Le jeune homme tourna la tête vers la seule fenêtre de la chambre. Le ciel était chargé, menaçant. Ses yeux revinrent vers ceux, très bleus, de sa psychiatre.
– Combien de temps avez-vous essayé de me soigner avant mon arrivée ici, docteur Cléor ?
– Vous ne vous le rappelez pas ?
– Comment le pourrais-je ? Ne suis-je pas censé être fou ? Difficile, pour un fou, d’avoir des notions de réalité et de temps, non ?
Cléor ne répondit pas sur-le-champ. Pour une fois, le discours de son patient lui paraissait extrêmement clair et cohérent. Et non agressif
– Quatre mois. Vous êtes resté quatre mois à l’UMD… jusqu’à présent.
– Et vous jugiez les électrochocs vraiment nécessaires ? Vous rendez-vous compte de la douleur que vous m’avez infligée durant toutes ces semaines ? Savez-vous ce que ça fait de recevoir des centaines de volts dans l’organisme ? On a l’impression que les yeux vont vous sortir de la tête, que toutes vos veines vont exploser. Vraiment. E faudrait que vous essayiez, un jour, vous comprendriez. Les psys devraient toujours tester leurs traitements sur eux-mêmes avant de les faire subir aux autres.
Sandy Cléor observa brièvement les sangles qui immobilisaient son patient aux poignets. Il était capable d’agresser quelqu’un en une fraction de seconde. Il l’avait déjà fait, à maintes reprises. La psychose était une maladie perverse, destructrice. Les malades qui en étaient atteints souffraient de sévères hallucinations, d’idées délirantes, et vivaient la plupart du temps dans une réalité parallèle, ce qui rendait toute forme de traitement extrêmement délicate. D’autant plus que Lucas Chardon, paranoïaque même dans ses moments de lucidité, prenait toute tentative de soin ou d’approche du personnel pour une persécution ou une conspiration contre lui.

Avis

Franck Thilliez nous livre un très bon, très bon, cru… mais pas de garde. Impossible de résister au roman. Vous le commencez, vous le finirez. Vous aurez énormément de mal à vous arrêter même pour dormir. Personnellement j’ai profité d’un déplacement professionnel pour le lire dans le train : en 2 fois 2h30 de transport, j’avais lu les 3/4 du livre, et bien que fatigué je n’ai pu résister à le finir le soir-même.

Que dire de ce livre sans rien dévoilé : Puzzle me fait penser à un mélange de plusieurs idées de films : Cube, Shutter Island, et de livres comme Le Passager de Jean-Christophe Grangé (voir notre critique ici), des Hunger Games de Suzanne Collins (voir notre critique ici).

La vraie qualité du livre est de faire communiquer le stress, la pression, le doute, la suspicion, bref la paranoïa du héros au lecteur. A mener notre propre enquête au fil des pages, nous devons aussi paranoïaque que le héros, nous doutons des qualités mentales de ce dernier, des personnes qu’il rencontre. Franck Thilliez malmène nos pauvres esprits de lecteurs. Et à rai dire, on aime ça. On en redemande, masochiste de lecture que nous sommes.

Une chose qui m’étonne à propos de ce livre : celui-ci est paru tout au long de l’été dans Les Echos, et je n’ai trouvé nulle part sur les sites de livres pirates un exemplaire de ce livre avant sa sortie en version papier. Soit les fans ont su jouer le jeu et ne pas divulguer ce très bon livre, soit comme moi, ils ont été pris de court et n’ont pas pu collecter tous les épisodes (il m’en manquait 6) pour avoir l’histoire en entier. Ce sera bien le seul mystère qui perdurera sur ce livre après sa lecture.

Enfin, je rappelle un précédent billet pour ceux qui désirent mener l’enquête à l’aide des morceaux de puzzle. Notons que les versions du livre et du quotidien sot différentes.

Notation

Histoire
Écriture
Durée de lecture
Prix

Caractéristiques

  • Broché: 429 pages
  • Editeur : Fleuve Noir (3 octobre 2013)
  • Collection : Thriller
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2265093572
  • ISBN-13: 978-2265093577
  • Prix : 20.90€

Site Internet de l’auteur

http://www.franckthilliez.fr/

Interview de l’auteur à propos de ce livre

http://passion-romans.over-blog.com/article-entretien-avec-franck-thilliez-concernant-son-nouveau-roman-puzzle-119906842.html

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Publié par le 2013/10/28 dans Policier, Thrillers

 

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