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Donald Ray Pollock – Le diable, tout le temps

15 Sep

Donald Ray Pollock - Le diable-tout le tempsQuand on tient un blog comme le mien, nos avons certains devoirs. Par exemple, quand tout le monde parle d’un livre, que ce même livre est élu meilleur livre de l’année 2012 (livre, pas uniquement polar) par le magazine Lire, il va de soi que nous devons porter notre attention sur ce livre.

Donald Ray Pollock a eu cette honneur de tant d’éloges et de récompenses pour son premier livre Le diable, tout le temps. Peu d’écrivains peuvent s’enorgueillir d’un tel exploit.

Mais nous avons déjà vu que, malheureusement, prix et qualité littéraire ne font pas souvent bonne compagnie

Alors et-ce que Le diable, tout le temps est-il diablement bon tout le temps du livre ?

Histoire

Dans la lignée des oeuvres de Truman Capote, Flannery O’Connor ou Jim Thompson, un roman sombre, violent et inoubliable sur la condition humaine. De la fin de la Seconde Guerre mondiale aux années 60, les destins de plusieurs personnages se mêlent et s’entrechoquent. Willard Russell, qui a combattu dans le Pacifique, est toujours tourmenté par ce qu’il a vécu là-bas. Il est prêt à tout pour sauver sa femme Charlotte, gravement malade, même s’il doit pour cela ne rien épargner à son fils Arvin… Carl et Sandy Henderson forment un couple étrange qui écume les routes et prend de jeunes auto-stoppeurs qui connaîtront un sort funeste…. Roy, un prédicateur convaincu qu’il a le pouvoir de réveiller les morts, et son acolyte Theodore, un musicien en fauteuil roulant, vont de ville en ville, fuyant la loi et leur passé. Donald Ray Pollock s’interroge sur la part d’ombre qui est en chaque individu, sur la nature du Mal. Son écriture est d’une beauté inouïe mais sans concessions. Avec maestria, il entraîne le lecteur dans une odyssée sauvage qui marque durablement les esprits.

Extrait

Au cours de l’été 1965, le couple avait sillonné le Middlewest pendant plusieurs semaines, toujours en chasse, deux riens du tout dans un break Ford noir acheté cent dollars chez Frère Withey, qui tenait un parking de voitures d’occasion à Meade, Ohio. C’était le troisième véhicule qu’ils achetaient au prédicateur en autant d’années. L’homme sur le siège passager devenait gras, croyait aux présages et avait l’habitude de curer ses dents gâtées avec un couteau de poche Buck. C’est toujours la femme qui conduisait ; elle portait des shorts moulants et des corsages légers qui révélaient son corps pâle, ivoirin, d’une façon que tous deux jugeaient excitante. Elle fumait du matin au soir n’importe quelle marque de cigarettes mentholées lui tombant sous la main, tandis que lui mâchonnait des cigares noirs bon marché qu’il appelait des bites de chien. La Ford consommait beaucoup d’huile, perdait du liquide de freins, et menaçait de répandre sur la route ses entrailles de métal à chaque fois qu’ils la poussaient à plus de soixante-quinze à l’heure. L’homme aimait à penser qu’elle ressemblait à un corbillard, alors que la femme préférait la comparer à une limousine. Ils s’appelaient Carl et Sandy Henderson mais il leur arrivait aussi d’avoir d’autres noms.

Au cours des quatre dernières années, Carl en était arrivé à penser que le mieux, c’étaient les auto-stoppeurs, et à cette époque ils étaient nombreux sur les routes. Il appelait Sandy l’appât et elle l’appelait le shooteur, et tous deux appelaient les auto-stoppeurs les modèles. Ce soir-là, juste au nord d’Hannibal, Missouri, ils avaient piégé, torturé et tué un jeune engagé sur une aire boisée épaisse d’humidité et de moustiques. Dès qu’ils l’avaient pris, le garçon leur avait gentiment offert des tablettes de Juicy Fruit, et proposé de conduire un moment si la dame avait besoin d’une pause. « Il ferait beau voir ça, » dit Carl. Et Sandy avait roulé les yeux au ton narquois que son mari prenait parfois comme s’il se pensait une ordure de meilleure qualité que les saloperies qu’ils trouvaient sur la route. Quand il devenait comme ça, elle n’avait qu’une envie : arrêter la voiture et dire au pauvre idiot sur le siège arrière de sortir de là tant qu’il en avait encore la possibilité. Un beau jour, elle se promettait bien de faire exactement ça, appuyer sur le frein et faire descendre Monsieur le Caïd d’un cran ou deux

Avis

Je suis très mitigé sur ce livre.

D’une part, je n’ai pas apprécié l’écriture de Donald Ray Pollock. Le diable, tout le temps est bien son premier livre, et son style s’en ressent. Certaines personnes arguerait que cela est fait pour « se rapprocher » des personnages, de renforcer l’ambiance populaire des années 60, mais j’avoue avoir du mal avec ce genre de phrasé.

D’un autre côté, on ne peut s’empêcher de lire l’histoire, de vouloir connaître les péripéties des personnages. Sorte de road-movie violente, cruel, sexuel alimenté par de grandes quantités d’alcool, cette histoire est une sorte de combinaison d’un Marche ou crève de Stephen King, Les frères Sisters de Patrick deWitt, ou encore un Sur la route de Jack Kerouac. Cependant il n’y a pas ce je-ne-sais-quoi qui empêche le lecteur de lâcher son livre. Ici il faut une certaine rigueur, volonté du lecteur pour aller jusqu’au bout.

Donc, une histoire, mais je n’irais pas jusqu’à dire que c’est le meilleur roman de l’année 2012.

Notation

Histoire
Écriture
Durée de lecture
Prix

Caractéristiques

  • Broché: 369 pages
  • Editeur : ALBIN MICHEL (29 février 2012)
  • Collection : Terres d’Amérique
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2226240004
  • ISBN-13: 978-2226240002
  • Prix : 22.30€

Revues de presse

« Le Diable, tout le temps » est une formidable histoire de la Rédemption à travers une galerie de personnages à la fois loufoques, cruels, attachants et violents. —BSC News Magazine

Une odyssée sauvage, magnifique et éclatée, qui illustre notre part d’ombre. —Télérama

Site Internet de l’auteur

http://donaldraypollock.com/

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Publié par le 2013/09/15 dans Thrillers

 

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