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Franck Thilliez – Deuils de miel

12 Mar

Franck Thilliez - Deuls de mielTrois mois sans vous parler d’un livre de Franck Thilliez, autant dire que c’est un record (le dernier article était à propos de son dernier ouvrage Atomk[a]). Depuis que j’ai découvert cet auteur, je n’ai fait que lire es avanteures de Franck Sharko depuis Fractures.

Il ne me reste à présent qu’à remonter le fil du temps et de découvrir les premières œuvres de cet auteur… mais pas forcément dans l’ordre.

Alors au final, vais-je rester sous le charme de cet auteur de thrillers ou bien vais-je rompre ma relation avec lui et en faire mon deuil ?

Histoire

Après le décès accidentel de sa femme et de sa fille, le commissaire Sharko est un homme brisé. Insomnies, remords, chagrin… Difficile dans ces conditions de reprendre du service. Mais une macabre découverte va brutalement le ramener à la réalité : une femme est retrouvée morte, agenouillée, nue, entièrement rasée dans une église. Sans blessures apparentes, ses organes ont comme implosé. Amateur d’énigmes, le tueur est aussi un orfèvre de la souffrance. Et certainement pas prêt à s’arrêter là. Pour Sharko, déjà détruit par sa vie personnelle, cette enquête ne ressemblera à aucune autre, car elle va l’entraîner au plus profond de l’âme humaine : celle du tueur… et la sienne.

«Conduite du récit pied au plancher, imagination diabolique, rebondissements en rafale. (…) Outrance dramatique, frénésie du rythme, sur-éclairage des détails, le lecteur n’a pas de répit.»
Michel Abescat – Télérama

Cet ouvrage a reçu le prix sang d’Encre des lycéens

Avis

Ce qui est incroyable avec cet auteur, c’est que bien que n’étant pas écrivain à la base, il a tout de suite su maîtriser les codes de la littérature policière et des thrillers. Deuils de miel n’est que son troisième roman, mais déjà il a toutes les qualités d’un bon turn-page : suspense, fluidité de l’écriture pour une lecture rapide, détails et justesse du travail des policiers (même si certaines libertés sont prises pour le bien de la narration).

L’originalité de Deuils de miel est d’être écrit à la première personne. Nous vivons l’intrigue au travers de son héros Franck Sharko, nous partageons ses interrogations, sa chute, ses malheurs. Les fidèles découvrent alors toute la psychologie du personnage. Et pour ceux qui comme moi n’ont pas lu les premiers exploits de Franck Sharko, nous nous prenons à être une sorte de psychanalyste qui aurait ce personnage allongé sur son divan, qui nous dévoilerait ses peurs, ses troubles, ses angoisses, sa tristesse. Notre analyse nous fait découvrir l’origine de ces maux et de l’égarement du policier.

Donc un livre à lire pour deux raisons : un très bon thriller, et pour les fans une introspection de l’inspecteur.

Notation

Histoire star_half_off_32
Écriture star_half_off_32
Durée de lecture
Prix star_half_off_32

Caractéristiques

  • Poche: 340 pages
  • Editeur : Pocket (13 février 2008)
  • Collection : Policier / thriller
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2266166344
  • ISBN-13: 978-2266166348
  • Prix : 7,20€

P.S : La couverture illustrant cet article est celle u livre que j’ai dégoté dans un troc-livres. Le livre disponible à la vente dispose d’une nouvelle couverture.

Extrait

Un an… Un an depuis l’accident.
Un moment d’inattention. Une seconde. Même pas. Une pulsation. Bordure de nationale. Une crevaison. Je me baisse, ramasse un boulon échappé sous le châssis. Me relève. Trop tard. Ma femme court au milieu de l’asphalte, ma fille au bout de ses doigts. Un véhicule qui surgit, trop vite. Bleu. Je vois encore ce bleu trop saillant, alors que je m’élance en hurlant. Le crissement des freins sur la chaussée détrempée. Puis, plus rien…
Un jour, on réapprend à vivre.
Et, le lendemain, tout fout le camp…
Devant moi, au creux des remparts de Saint-Malo, un type déambule tranquillement, les cheveux à l’air, le teint flatté par les rouges d’un crépuscule flamboyant.
C’est lui, je l’ai reconnu sans l’once d’une hésitation. La France n’est pas assez grande, il faut que je croise sa route, au terme de mes congés. Celui qui leur a arraché la vie.
Le chauffard.
A cet instant, quelque chose craque en moi. Une déchirure abominable…
Dire que je pensais qu’elle allait mieux, ma Suzanne, après six années de traitements abrutissants et de cris dans la nuit. Le traumatisme de son enlèvement semblait s’essouffler, elle savait sourire à nouveau, au moins à mes yeux, avait réappris les choses simples de la vie. Se laver, s’habiller, s’occuper un peu de notre petite Eloïse. Bien sûr, ce n’était plus la combattante d’autrefois, tellement lointaine parfois, si décrochée de la réalité et dépendante d’autrui. Sans cesse à arpenter la frontière de la folie. Mais j’avais perçu dans ses yeux le renouveau, la soif de vivre surpassant celle de partir.
Suzanne… Pourquoi t’es-tu lancée sur une nationale avec notre fille ? Quel démon s’est emparé de toi, en ce triste matin d’automne ?
Ces questions, je les ai ressassées des centaines et des centaines de fois. Un livre, qu’on ne referme jamais…
Devant, l’homme, Chartreux, il s’appelle Patrick Chartreux, s’adosse sur la vieille pierre et sort son télé­phone portable. Il se retourne brusquement vers moi, je détourne la tête et simule un intérêt soudain pour le grand large. L’onde tranquille, ses bateaux paisibles. Je ne sais pas comment réagir. Une haine grandissante me brûle la gorge et je me sens capable d’une connerie. Mes poings se crispent, tandis que Chartreux s’engouffre dans un bar branché. Le voir disparaître me soulage. J’aurais pu repartir, l’oublier. Alors, pourquoi me suis-je décidé à l’attendre, grillant clope sur clope ? Pas bon signe…
Le front perlant, les mains moites, j’ouvre et ferme mon portefeuille d’un geste nerveux. Ma carte tricolore de flic occupe à nouveau son emplacement. Après tant d’années loin du pavé et des traques, j’ai repris le métier. Quitter le Nord, son ciel bas, ses souvenirs trop blessants. Puis retrouver la Grande Pieuvre, ses rues surpeuplées, cette vie de dingue au 36. Leclerc, mon divisionnaire, m’a mis plusieurs fois à l’épreuve ces six derniers mois et je n’ai pas failli. Il pense avoir retrouvé le commissaire d’antan, sa hargne au combat. Il a sans doute raison. Jamais cette hargne n’a été aussi grande…

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Publié par le 2013/03/12 dans Policier, Thrillers

 

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